«Oui, cela m'intéresse. Il y a dans ce projet de parc écologique suisse un potentiel crédible, explique l'architecte Mario Botta. Mais je resterais très prudent: la réalisation d'un «masterplan» demanderait une vaste réflexion et des mois de travail, qu'il n'est pas possible de faire gratuitement. Dans ce pays, où il est difficile de déplacer un trottoir, les gens de Projet 2000 me semblent un peu naïfs. Ils doivent encore confronter leurs idées avec la réalité», poursuit l'architecte, qui ne sait du reste pas quelle serait exactement sa participation.

Mario Botta, tout comme le Français Jean Nouvel (Opéra de Lyon, Centre culturel de Lucerne) et le Britannique Nicholas Grinshaw (nouvelle de Waterloo, Londres), figurent sur la liste des «partenaires» que revendique Projet 2000. Les promoteurs ont également contacté le Canadien Grady Larkins, un spécialiste des expositions à thème qui travaille aussi pour Expo.01, ainsi que Dreamworks, l'entreprise de George Lucas. Une société des amis du projet devrait être constituée prochainement.

Sollicitée, l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) a confié le dossier à André Musy. Bien qu'on n'en soit encore qu'au stade prospectif, le professeur de génie rural se plaît déjà à réfléchir non seulement à des liens internationaux pour des enseignements de troisième cycle ou de formation continue, mais aussi à des idées d'«activités ludiques environnementales».

Les auteurs du projet ont également contacté Daniel Margot, le délégué du Conseil fédéral pour l'Expo.01. Celui-ci a facilité leurs contacts avec des interlocuteurs tels que le secrétaire d'Etat à la Science Charles Kleiber ou les milieux bancaires. Il a également sondé le Département fédéral des finances, mais celui-ci refuse le principe d'une garantie d'emprunt accordée par la Confédération. «La Suisse a besoin de ce genre de projets, lance Daniel Margot. Qu'au moins on ne puisse pas dire que nous n'avons pas essayé!»

Y. R.