«Après leur renaissance en tant que Syriens, Freysinger & Co seraient contents de s’être autrefois opposés au durcissement de la loi sur l’asile», dit le slogan. La section suisse d’Amnesty International lance une campagne pour soutenir une «politique d’asile juste et humaine». Elle met en scène plusieurs personnalités de l’UDC connues pour leurs positions en faveur d’un durcissement des conditions liées aux requérants.

Une vidéo montre le ministre de la Défense Ueli Maurer et le tribun zurichois Christoph Blocher frigorifiés et affamés, cuisinant le bouc «Zottel», mascotte de l’UDC, ou des photos de «Jussuf Freysinger», réincarné en demandeur d’asile syrien.

Ces mises en scène incitent chacun à se mettre à la place des requérants et à développer un point de vue plus tolérant, a indiqué lundi la section suisse d’Amnesty International dans un communiqué. Elles cherchent à éveiller un sentiment de solidarité et de compréhension.

L’organisation combat les révisions de la législation sur l’asile, «incessantes» et qui «vident le droit d’asile de son sens». Le parlement a décidé l’application immédiate de la suppression des demandes dans les ambassades et la non-reconnaissance des déserteurs comme réfugiés, alors que l’UDC a annoncé dimanche la préparation d’une nouvelle initiative sur l’asile, rappelle-t-elle.

L’initiative en question prévoit au moins deux nouvelles mesures. Les requérants devraient être internés dans des centres pendant toute la durée de la procédure d’asile. Celle-ci serait en outre réduite à 30 jours et le délai de recours à 10 jours.

«La première mesure est tout simplement contraire à la Constitution, tandis que la deuxième supprimerait pratiquement toute voie de recours effective», souligne Denise Graf, juriste à Amnesty International. L’organisation demande en particulier de ne plus adopter de dispositions restreignant l’accès à la procédure d’asile.

Démarche «insultante»

«20 minutes» raconte que le parti visé ne goûte guère le détournement opéré par l’ONG. Oskar Freysinger juge que «c’est insultant, grossier, injuste». Le secrétaire général de l’UDC, Martin Baltisser, estime que «faute d’arguments concrets, on se moque des gens». Le président du parti Toni Brunner ne commente pas une démarche qu’il qualifie de «bête».

Les slogans de la campagne seront placardés dans les grandes villes suisses pendant toute la durée du mois d’octobre. Amnesty International est soutenue par d’autres organisations, telles que la Déclaration de Berne, le Forum de l’intégration des Migrants, humanrights.ch, Gewählte Stimme, l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière et le Conseil suisse pour la paix.