La porte-parole de la délégation suisse d’Amnesty International était l’invitée de la RSR ce mercredi matin. Manon Schick est revenue sur les derniers développements de l’affaire Kadhafi, avec le discret retour en Suisse hier soir de Rachid Hamdani et l’emprisonnement de Max Göldi. «Sa peine est injustifiée… la procédure a été inéquitable, sans acte d’accusation écrit, sans dossier…». À propos du ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, qui avait déclaré que «les personnes condamnées devaient exécuter leur peine», elle juge «très grave qu’un Etat européen puisse prendre en compte un jugement de la justice libyenne, qui fonctionne «de manière opaque» et «où il ne faut pas chercher la logique: pour le même délit, des peines ont été prononcées qui vont d’un an à la peine de mort».

Sur le lieu de détention de Max Göldi, Manon Schick confirme que la prison est correcte, et que le Suisse est dans une cellule individuelle. «Il n’a plus accès à internet comme à l’ambassade mais il a été en contact avec sa famille, des représentants du DFAE lui ont rendu visite. Il y a un poste de santé, une bibliothèque, et la prison dépend du ministre de la Justice, c’est important contre les risques de mauvais traitements ou de torture»

«On marche sur des œufs mais il faut continuer la pression» continue la représentante d’Amnesty, qui fait aussi le bilan de la pétition qui a été lancée, et a obtenu plus de 5000 signatures en 24 heures. Une grâce présidentielle est possible, selon Amnesty.

L’organisation est aujourd’hui persona non grata en Libye.