Il y a quatre ans, les forces minoritaires valaisannes avaient réussi à créer un mouvement de fond dans l'opinion publique qui leur permit d'éjecter un démocrate-chrétien du gouvernement et d'inaugurer la formule pluraliste 3-1-1: trois démocrates-chrétiens, un radical et un socialiste. Une révolution valaisanne à laquelle n'étaient pas étrangers Peter Bodenmann et, en coulisse, Pascal Couchepin.

Cette année, l'élection se présente sous un tout autre jour. D'une part, le PDC renonce, au premier tour en tout cas, à revendiquer le siège perdu. D'autre part, les forces minoritaires partent au combat en ordre dispersé. Les radicaux veulent faire passer Claude Roch, les socialistes Thomas Burgener. Quant à l'électron libre Cilette Cretton elle lance une campagne citoyenne et féministe dont pour l'instant il est difficile d'évaluer l'impact. Et tous ont déjà oublié qu'en 1997 le succès du pluralisme a été d'abord la création d'un front anti-PDC sans concession.

Cela dit, la formule 3-1-1, si elle est un gage de représentativité, n'a été durant cette période qu'un leurre au niveau des résultats. Comme le dit gentiment le candidat Michel Carron, dans un système majoritaire, quand il faut prendre des décisions «3-1-1 équivaut à 5 à 0». A cet égard, il faut constater que le bilan de la dernière législature est pour le moins mitigé. A peine jugée l'affaire BCVs/Dorsaz, voilà la débâcle de Loèche-les-Bains, puis la grosse embrouille Téléverbier. A chaque fois, la crédibilité des institutions est mise en cause sur fond de réseaux politiques.

Il faut ajouter à cela un endettement croissant, une pression fiscale s'accentuant sur la classe moyenne, une dépendance toujours plus forte du ménage cantonal à l'égard de Berne… Il n'y a pas besoin d'insister pour démontrer que durant cette défunte période de quatre ans les Valaisans n'ont pas connu l'Age d'or. A moins que l'Age d'or se soit confondu avec la mise mort de quelques loups.