Le radical vaudois Eric Golaz, 40 ans, qui a été par deux fois un candidat malheureux au Conseil d'Etat, change de vie. Il vient d'être nommé chef du Service de justice, de l'intérieur et des cultes (SJIC), une importante division de l'Etat rattachée au DIRE, le département dirigé par le socialiste Pierre Chiffelle. Les relations avec les communes, les églises, la mise en œuvre de la nouvelle Constitution et la défense des intérêts de l'Etat figureront parmi ses nouvelles attributions. Espoir de la jeune garde radicale, l'avocat Eric Golaz avait dirigé en 1996 la réforme d'un parti démoli par les crises successives. Au Grand Conseil, il a présidé avec autorité la commission parlementaire d'enquête sur les EMS. En février dernier, il s'est lancé dans la course au Conseil d'Etat, en équipe avec Jacqueline Maurer et Pascal Broulis. Il s'agissait pour lui d'une seconde tentative, après un galop d'essai couru honorablement quatre ans auparavant. Mais il abandonnera après le premier tour, devancé par ses colistiers: les électeurs ont donné la préférence à Jacqueline Maurer, qui était déjà dans la place, et à Pascal Broulis, qui a su incarner mieux que lui le souffle nouveau souhaité. Dès le lendemain de cet échec, forcé de constater qu'il n'avait pas su profiter des quatre ans écoulés pour élargir sa base, on l'avait vu prendre une première distance avec la politique, en cédant la présidence du groupe radical au Grand Conseil et en affirmant qu'il allait consacrer davantage de temps à sa famille et à son étude. Eric Golaz a été choisi comme chef du SJIC parmi trente, puis huit, puis deux candidats. Au moment où il devient haut fonctionnaire dans le département du remuant socialiste, le radical souligne qu'il a saisi la «magnifique opportunité» qui se présentait et qu'il ne fait que poursuivre sous une autre forme son engagement public. Il conservera sa fonction d'administrateur unique de la Fareas, la fondation pour l'accueil des requérants d'asile, jusqu'à ce que la réforme de celle-ci soit achevée.