Le Temps: Pourquoi le Jura n'avalise-t-il pas le programme d'assainissement de la chimie bâloise?

André Bapst: Lors de l'examen du projet présenté par la chimie bâloise en 2004, le canton avait répondu: d'accord sur les grands principes, à condition d'apporter 54 compléments techniques, jugés nécessaires pour rendre le programme acceptable. La chimie ne s'y oppose pas, mais elle dit ne pas pouvoir réaliser notre exigence tout de suite. Elle le fera en parallèle à l'élaboration finale du dossier, avec les consortiums choisis pour réaliser l'assainissement.

– Et ça ne vous satisfait pas?

– La chimie est venue en cours de procédure avec ses nouveaux arguments, alors que le canton exige des garanties avant de donner son feu vert.

– Il y a des différends techniques, mais la principale source de conflit concerne le financement des travaux d'assainissement.

– Nous sommes surpris de constater que la question du financement est toujours remise sur le tapis, alors que la chimie avait promis dès le début de prendre l'assainissement à sa charge. La chimie dit vouloir ne pas créer de précédent à Bonfol. Mais il n'y a aucun autre dossier comparable à celui de Bonfol, et le processus est très spécifique. La chimie vient de surcroît avec un nouvel élément, exigeant que le canton plafonne les coûts. Ce qui n'est pas du ressort du Jura, dont la compétence se limite à fixer l'objectif et la méthode d'assainissement.

– Comment sortir de la crise?

– Le ministre Laurent Schaffter préconise une dernière négociation d'ici à fin septembre. Notre but reste inchangé: aboutir à un projet d'assainissement acceptable, conclu en collaboration avec la chimie.