Genève

André Schneider reprend les rênes de Genève Aéroport

L’actuel vice-président aux Infrastructures de l’EPFL succédera à Robert Deillon en place depuis près de 10 ans à la tête de la plateforme aéroportuaire. Le nouveau patron aura à relever le défi de maîtriser la forte croissance de l’institution

Selon nos informations, André Schneider, l’actuel vice-président «Ressources et Infrastructures» de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a été désigné pour reprendre les commandes de l’Aéroport international de Genève (AIG). Il succède à Robert Deillon, en départ à la retraite, qui occupe la fonction depuis près de 10 ans. L’annonce doit être officialisée ce mercredi après-midi, simultanément à la présentation du rapport annuel et du bilan financier 2015 de l’institution.

Agé de 56 ans, ce docteur en sciences informatiques formé à l’Université de Genève a également assuré la direction opérationnelle du World Economic Forum de 2003 à 2010 en «gérant la mise en place et l’organisation des diverses manifestations régionales du WEF, notamment en Chine et au Moyen-Orient», selon la biographie consultable sur le site de l’EPFL. Son départ de l’organisation créée et présidée par Klaus Schwab – à trois mois seulement de la réunion annuelle du WEF à Davos – avait été qualifié de véritable surprise. Considéré comme la «cheville ouvrière» de l’organisation, il avait assuré dans les colonnes de l’Hebdo partir «sans regrets» invoquant «des raisons personnelles». Enfin peut-être plus anecdotique aux yeux de certains, l’intéressé est également musicien professionnel, relate toujours l’EPFL rappelant que l’intéressé «a joué du tuba dans des orchestres prestigieux tels que le Berliner Philharmoniker et le Lucerne International Festival Orchestra».

Deux défis majeurs

Les défis auxquels le nouveau patron de l’Aéroport de Cointrin devra relever ne sont pas minces. D’abord, il aura à maîtriser la croissance quasi insolente de la régie publique autonome, en regard des autres plateformes aéroportuaires européennes. En 2014, l’AIG a dépassé la barre des 15 millions de passagers et s’attend à accueillir près de 25 millions de voyageurs à l’horizon 2030, soit autant que Zürich à l’heure actuelle. En chiffres, cela se concrétise par une progression annuelle de ses activités de l’ordre de 4 à 5%. De quoi générer de la méfiance dans les communes qui jouxtent le tarmac. En septembre 2015, une dizaine d’associations avait récolté près de 4800 signatures exigeant une interdiction du trafic commercial entre 23h et 6h. Actuellement, l’AIG fonctionne déjà en dessous des normes fédérales qui lui permettent de débuter ses activités dès 5 heures du matin jusqu’à minuit, avait alors répliqué le porte-parole de l’aéroport rappelant que la piste n’était ouverte que dès 6 heures du matin jusqu’à minuit. Cette crainte d’un développement trop important du deuxième aéroport de Suisse avait conduit l’AIG à publier une offre d’emploi relativement cocasse, invitant les postulants d’avoir la capacité de promouvoir des idées nouvelles auprès «d’audiences potentiellement conservatrices».

Un autre défi à relever sera celui d’accompagner la construction de la nouvelle aile est, longue de 520 mètres et visant à remplacer l’actuel pavillon construit à titre provisoire au milieu des années 1970. Initié en 2009, ce projet d’aménagement est devisé à quelque 620 millions de francs. Il devrait assurer à l’aéroport la capacité d’accueillir un nombre plus important d’appareils gros-porteurs, soit six unités (ou «positions au contact») contre trois à ce jour. Les travaux pourraient débuter en 2017, avec une ouverture prévue en 2020.

Une candidature dont le sérail n’est pas aéroportuaire

Contacté, André Schneider s’est abstenu de tout commentaire, rappelant que «le nom du nouveau directeur sera dévoilé» la même journée «à 15h00». Reste que cette nomination soulève la question des compétences aéroportuaires de l’intéressé. Certaines voix proches de l’institution s’étonnent du profil du candidat retenu tandis que d’autres préfèrent rappeler que des aptitudes autres que celle de la maîtrise de l’aviation civile ont été jugées plus importantes pour l’avenir de l’aéroport genevois. Celui qui présidera à la destinée de ce poumon économique aura la tâche ardue d’en limiter les nuisances, ou tout du moins, de les rendre plus digestes.

Publicité