Elections fédérales

Andreas Gross: «La campagne a été dépolitisée»

La réaction du conseiller national sortant PS/ZH

«Je suis naturellement déçu et surpris que l’UDC ait pu autant profiter de la question des réfugiés. Il faut dire qu’en Suisse alémanique, nous avons vécu une campagne presque dépolitisée. Il n’y a pas eu de débats pour montrer que le pays ne vit pas un chaos de l’asile, qu’il ne reçoit pas beaucoup de réfugiés et que ceux qui arrivent ont le droit d’être protégés. Les élections sont pourtant une occasion unique de travailler les opinions superficielles et la démocratie représentative a besoin de médias qui cherchent le débat et qui évaluent la qualité des réponses. Cela a totalement manqué, c’était comme jouer au football sans jamais toucher le ballon. En plus, à force d’être répété, ce discours mensonger est devenu crédible. Il faudra repenser le cadre et le contexte de l’élection car ceux qui ont perdu n’ont pas eu la chance de faire mieux. Cette absence de contradiction remet en question la légitimité du résultat. D’ailleurs, je songe à fonder une association pour la protection de la démocratie.

La victoire de l’UDC dans les zones rurales mais aussi dans l’agglomération zurichoise accroît la division entre villes et campagnes. C’est aussi un signe que les gens ne sont pas à l’aise chez eux. Le parti socialiste et les Verts défendent les intérêts des petites gens qui finissent par voter pour l’UDC alors que ce parti se fait la voix des riches au parlement. Il faut que la gauche trouve le moyen de se faire mieux entendre par cet électorat.

Lire aussi l'analyse de Pascal Sciarini : «L’UDC a su habilement arrondir son discours»

Les divergences vont se creuser entre le Conseil national et le Conseil des Etats où la présence de l’UDC est moins forte. L’élection de Daniel Jositsch est une bonne nouvelle. Je lui ai envoyé un message pour le féliciter tout en lui disant de ne pas oublier qu’il est aussi un socialiste. Et j’ai signé: son ancien voisin.

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