Le patron des CFF, Andreas Meyer, était l’invité de la rédaction du «Temps» et de «L’Hebdo» mardi. Lors d’un Facebook Live, il a répondu aux critiques des clients et internautes sur le manque de places assises, les hausses de tarifs et… son propre salaire. Il attend avec impatience la livraison des trains à deux étages commandés chez Bombardier. Le dossier a pris du retard, des problèmes techniques ne sont pas encore résolus. Alors que les premières livraisons étaient initialement attendues en 2013, Bombardier a annoncé mardi que les 23 premiers trains seraient fournis d'ici à avril 2017 et qu'ils seraient «opérationnels» à la fin de l'année, un scénario que ne peut encore confirmer Andreas Meyer. Il reconnaît par ailleurs que la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration alourdira les tâches administratives des CFF, qui recrutent des ingénieurs et des cadres à l’étranger. Morceaux choisis.

– L’augmentation systématique et importante chaque année des AG est scandaleuse. Pourquoi? Est-ce que les prix vont continuer d’augmenter?

– Nous ferons tout notre possible pour ne plus devoir augmenter les prix chaque année. Mais nous ne pouvons rien promettre. C’est pour éviter cela que nous avons lancé l’opération RailFit 20/30, qui doit permettre d’économiser 1,2 milliard de francs par an, principalement dans les services administratifs. Cela ne touchera pas les prestations à la clientèle ni la sécurité. La hausse des tarifs qui intervient ces jours est la conséquence du vote de la population, qui a accepté le projet de Financement et d’adaptation de l’infrastructure ferroviaire (FAIF) en 2014. Nous devons payer 100 millions de plus pour l’utilisation du réseau. Les cantons nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas augmenter leurs contributions et nous ont aussi demandé d’adapter les prix.

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– La qualité de vos services et le respect des horaires n’ont-ils pas baissé? Que comptez vous faire pour remédier à ça?

– On ne peut pas dire que la qualité des services baisse. Nous avons pris du retard sur certaines lignes parce que le nouveau matériel roulant n’est pas encore disponible. Le problème du manque de places assises, et je présente mes excuses à ceux qui en sont victimes, sera résolu lorsque les nouveaux trains à deux étages de Bombardier, qui pourront offrir jusqu’à 1200 places assises, seront enfin mis en service. On les attend depuis des années. De manière générale, avec la climatisation, les nouvelles rames Flirt, les services ne sont pas moins bons, bien au contraire.

– La semaine dernière, on a appris que le taux de satisfaction du personnel est en baisse. Qu’allez-vous faire pour inverser la tendance?

– La motivation du personnel n’a pas changé et reste à un niveau élevé. C’est la confiance dans la direction qui a souffert. Pour deux raisons. D’une part, on a beaucoup parlé de la concurrence des bus à longue distance et cela a créé une sorte d’incertitude. D’autre part, le questionnaire de satisfaction a été lancé au moment où nous annoncions ce programme RailFit 20/30. A l’avenir, nous devrons mieux expliquer ce que nous allons faire et où nous allons investir.

– Comment justifiez-vous votre salaire, qui est très important?

– C’est le conseil d’administration qui fixe les salaires de la direction. Il fait régulièrement des analyses comparatives. Il faut prendre en compte notre responsabilité et la complexité de l’entreprise. Mais ce n’est pas mon salaire qui est déterminant, c’est le niveau des salaires en général. Nous devons rester attractifs à tous les niveaux de l’entreprise.

– Cela fait quasiment dix ans que vous êtes à la tête des CFF. Allez-vous continuer à la tête de l’entreprise?

– Nous avons encore beaucoup de projets d’innovation et d’initiatives. Nous voulons offrir une chaîne complète de mobilité de porte à porte. Si nous ne le faisons pas, Apple ou Google le feront. La numérisation peut permettre d’augmenter nos capacités de 30% et d’améliorer la sécurité. Je vis une période extraordinaire pour le développement du système ferroviaire.

– Quand disposera-t-on du Wi-Fi dans tous les trains?

– La connectivité est déjà meilleure chez nous qu’à l’étranger et nous cherchons à l’améliorer. La plupart des nos clients ont conclu avec leur opérateur des contrats à tarif fixe, cela leur assure une bonne connectivité. Nous investissons pour renforcer la réception des signaux. Nous avons encore quelques faiblesses dans les tunnels.

– Le parlement a mis la dernière main à la loi d’application de l’initiative sur l’immigration. Les CFF ont souvent engagé des ingénieurs et des cadres allemands et français. Quels problèmes cette loi va-t-elle poser aux CFF?

– Comme pour les autres entreprises, cela va augmenter notre travail administratif. Cette loi risque de ralentir la vitesse à laquelle nous progressons dans le domaine de l’innovation, car nous devons pouvoir continuer d’engager les meilleurs collaborateurs. Les défis sont énormes dans les transports publics. Nous ferons tout pour éviter que cette loi ralentisse nos processus d’innovation.