Ce fut sans doute le discours le plus inattendu du 1er Août 2000. Mardi soir, dans le village thurgovien de Diessenhofen, 3000 âmes, il n'a pas été question ni de patrie, ni de sentiments identitaires. L'orateur du jour a consacré son allocution aux animaux vivant en Suisse. Chiens, chats, bœufs, vaches, moutons, chèvres et chevaux: nos amies les bêtes étaient les invités surprises du recueillement patriotique. Membre du Conseil municipal depuis une année et vétérinaire de son état, Daniel Koch a tenté d'apporter un embryon de réponse à quelques questions rhétoriques. Nos animaux méritent-ils une fête nationale? Doivent-ils être fiers de leur pays? Ce fut l'occasion de belles digressions sur la place des animaux en Helvétie.

«Un brin de provocation…»

Daniel Koch s'explique: «Les derniers discours du 1er Août dans ma commune ont tous été consacrés au thème de l'intégration à l'Europe. Faut-il être pour ou contre Bruxelles? Cette question était omniprésente, jusqu'à la nausée. Je n'avais pas envie d'en rajouter, sans parler que j'estime ne pas en avoir la légitimité. J'ai voulu tenter quelque chose de plus gai. Mon propos n'est pas en soi subversif. Ce n'est pas de l'anti-patriotisme. Juste un brin de provocation…»

Notre vétérinaire a d'abord fait un tour drôle et documenté de l'histoire des animaux en Suisse depuis la création de la Confédération. De la bête chassée à l'animal de compagnie, leur statut et leur rôle ont changé tandis que la société des hommes évoluait. Hier tuées pour être mangées, les bêtes sont aujourd'hui euthanasiées pour le plus grand soulagement des bêtes souffrantes et de leurs maîtres affectés. Les animaux peuvent-ils être fiers de leur 1er Août? Autrement dit, sont-ils satisfaits de leur sort en Suisse? Le vétérinaire a fourni des éléments d'appréciation en décryptant deux tendances. S'agissant de l'accès aux soins, nos amies les bêtes n'ont rien à envier aux humains. Les technologies médicales les plus sophistiquées leur sont aujourd'hui appliquées. Enfin les bêtes n'échappent pas à la globalisation: le métissage des races est la règle, et personne ne râle!

F. Mx