La procureure du Tribunal suprême espagnol a émis mercredi un mandat d’arrêt contre l’ex-députée indépendantiste catalane Anna Gabriel, actuellement réfugiée en Suisse, selon la chaîne de TV espagnole Tv3. Elle est accusée de «rébellion» par la justice espagnole. Comme elle l’avait annoncé au Temps et à la RTS depuis lundi, Anna Gabriel ne s’est pas présentée à son procès à Madrid pour répondre de «rébellion, sédition et malversation de fonds».

Anna Gabriel a accueilli la décision de la justice espagnole avec des sentiments mitigés. Certes, Madrid ne réclame pas l’extradition de la fugitive auprès des autorités suisses. «Mais aujourd’hui quelque chose a changé dans ma vie: je ne peux plus rentrer dans mon pays», réagit-elle.

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«Je ne me sentais plus protégée»

L’ancienne élue indépendantiste explique les raisons pour lesquelles elle ne s’est pas rendue ce mercredi matin à la convocation au tribunal à Madrid: «Je ne me sentais plus protégée en Espagne. Non seulement j’avais l’impression que j’étais déjà coupable avant d’avoir été jugée, mais je n’ai pas cessé de recevoir des menaces de mort.»

Selon elle, la procédure ouverte contre elle n’a pas lieu d’être. «Les charges sont extraordinairement graves. On parle de sédition et de rébellion, passibles de 30 ans de prison. Je n’ai jamais recouru à la violence. Je n’ai fait qu’exercer mon mandat de députée.»

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Le choix de la Suisse

Anna Gabriel a choisi l’exil en Suisse, «car ce pays et ses habitants respectent le droit au référendum», en référence au scrutin sur l’autodétermination de la Catalogne du 1er octobre 2017 que Madrid a tenté d’empêcher. Quand on lui rétorque que la Constitution suisse prévoit le droit au référendum, elle rétorque que la législation espagnole peut aussi être interprétée dans ce sens. «Il ne faudrait jamais réprimer les citoyens quand ils donnent leur avis», estime-t-elle.

La militante d’extrême gauche espère aussi profiter de Genève comme tribune internationale. «Il y a ici beaucoup de gens qui travaillent sur les droits humains et civiques. Il ne s’agit pas seulement de mon cas. Près de 900 personnes sont poursuivies en Catalogne en raison de leur activité politique. Je peux leur être utile.»