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Anne-Catherine Lyon, Conseillere d'Etat, Cheffe du Departement de la formation, de la jeunesse et de la culture,  le   14 septembre 2016 à  Lausanne.
© CYRIL ZINGARO

Nomination

Anne-Catherine Lyon privée des Beaux-Arts

Sur fond de polémique, l’ancienne conseillère d’Etat vaudoise renonce à prendre la tête de la fondation de droit public pour le Musée des beaux-arts en construction

L’ancienne conseillère d’Etat socialiste Anne-Catherine Lyon, qui pensait rebondir en présidant le nouveau Musée cantonal des beaux-arts (MCBA) en construction à côté de la gare de Lausanne, doit en faire le deuil. Elle renonce à prendre la tête de la fondation de droit public chargée de porter cette institution, un poste auquel le Conseil d’Etat l’avait nommée en juin dernier.

Lire aussi: Anne-Catherine Lyon: «On ne fait pas ce métier pour être aimée»

Annoncé par le gouvernement vaudois dans un communiqué laconique, ce renoncement est justifié par la lourdeur de la tâche, dont l’ancienne ministre se serait rendu compte et qui entrerait en conflit avec ses autres projets. L’ancienne patronne de l’école vaudoise a-t-elle pris librement sa décision ou y a-t-elle été poussée par l’instance de nomination? La question est ouverte.

Son départ devrait en tout cas mettre fin à la polémique qui commençait à monter en raison des possibles conflits d’intérêts et des accusations de copinage que suscite la relation entre Anne-Catherine Lyon et Chantal Prod’Hom. Cette dernière, qui dirige le Musée de design et d’arts contemporains (Mudac), préside aussi depuis deux ans le conseil de direction de Plateforme10 (Pôle muséal), d’où elle pilote le regroupement du MCBA, du Mudac et du Musée de l’Elysée sur l’ancien site ferroviaire.

Cadeau de départ

En 2015, la nomination de Chantal Prod’Hom à la tête de Plateforme10 avait déjà fait jaser. Puis la sortie d’Anne-Catherine Lyon du Conseil d’Etat, son parti ayant refusé qu’elle brigue un quatrième mandat aux élections d’avril dernier, laissait penser que la question se réglerait naturellement. Mais avec la nomination de l’ancienne ministre à la présidence de la fondation du MCBA, la controverse a repris de plus belle dans les milieux politiques et culturels. «Coterie», dénonçait récemment le député centriste Jérôme Christen dans 24heures, tandis que le site d’information Bon pour la tête a fustigé cette semaine «une gouvernance d’un autre âge, ponctuée de petites collusions locales».

Le gouvernement vaudois, qui ne veut pas communiquer plus avant, «regrette» la décision de l’ancienne magistrate, «sachant combien la poursuite et l’achèvement du projet lui tiennent à cœur». L’attribution de la prestigieuse présidence du Musée des beaux-arts avait pu apparaître comme un cadeau de départ pour l’ancienne conseillère d’Etat, qui s’est impliquée pendant des années pour le renouvellement du MCBA, ayant d’abord soutenu l’option au bord du lac, rejetée en votation populaire en 2008.

Organigramme très complexe

Tout en s’interrogeant rétrospectivement sur l’opportunité de cette nomination ratée, des proches du dossier contactés par Le Temps regrettent qu’il faille se priver des compétences de l’ancienne ministre. Ils assurent aussi que le risque de conflit d’intérêts est loin d’être patent, aucun rapport de subordination n’existant entre le poste de présidente du MCBA et celui de pilotage de Plateforme10. Il est vrai que l’organigramme mis en place, d’une redoutable complexité, n’aide pas à comprendre facilement qui fera quoi dans le pôle muséal.

Le nouveau Musée cantonal des beaux-arts doit ouvrir ses portes en 2019, le Mudac et le Musée de l’Elysée deux ans plus tard sur le même site.

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