Aviation

Année record pour l’aéroport de Genève

Le tarmac romand a dépassé ses propres prévisions en accueillant plus de 13 millions de passagers

2011 s’annonce comme un cru exceptionnel pour l’aéroport international de Genève (AIG). La plateforme romande a franchi cette semaine, pour la première fois, le cap des 13 millions de passagers annuels. Cointrin décroche ce record, absolu dans son histoire, après avoir raté de justesse, l’an dernier, le seuil des 12 millions. Il y serait pourtant parvenu sans l’éruption du volcan islandais en avril 2010.

Ce score 2011 constitue une excellente surprise pour l’AIG: «Un gros trafic charter, lié aux vacances d’hiver, est venu s’ajouter ces derniers jours à la croissance de 10% du nombre de voyageurs que nous avons connue durant l’année, explique Bertrand Stämpfli, porte-parole de l’aéroport. Tout le budget de 2011 avait été construit sur l’hypothèse d’une augmentation de 2,5% qui a été largement dépassée.»

La croissance du tarmac genevois se vérifie sur tous les tableaux de bord en 2011. Si les statistiques annuelles ne seront publiées qu’en janvier, les chiffres mensuels parus fin novembre montrent, sur onze mois, une hausse du trafic passagers de 10% par rapport à la même période de l’an dernier. Le nombre de mouvements augmente de 6,1% et le tonnage de fret de 8,7%.

Selon Bertrand Stämpfli, la performance de 2011 s’explique avant tout par la santé économique de la région: «Nous sommes certes parvenus à attirer de nouvelles compagnies, grâce à la nouvelle attractivité de nos infrastructures, mais nous bénéficions surtout du fait que nous sommes nés au bon endroit, plaisante-t-il. Nous nous trouvons au cœur d’un bassin industriel et financier porteur, nous assurons en outre 4200 accueils diplomatiques par an, soit deux fois plus que New York; par ailleurs, notre zone de chalandise s’est agrandie sur France au-delà des départements limitrophes, pour atteindre les régions grenobloise et lyonnaise. En ce sens, nous bénéficions des difficultés actuelles de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry.»

Contrairement à cette dernière plateforme, l’aéroport de Genève ne bénéficie pas de réserve foncière pour assurer la continuité de son expansion. Doté d’une piste unique, Cointrin ne peut guère rêver d’en bâtir une autre, en raison de son implantation en pleine agglomération, à 5 kilomètres seulement du centre-ville. «Mais nous n’en avons pas besoin, assure Bertrand Stämpfli. Avec une seule piste, Gatwick accueille 35 millions de voyageurs par an. C’est plutôt la taille du tarmac qui constitue notre limite. De notre côté, nous pouvons envisager à l’horizon 2025 un volume de quelque 17 millions de passagers en adaptant nos capacités d’accueil.»

La construction d’une nouvelle aile est doit débuter l’an prochain. Devisé à 350 millions de francs, ce chantier doit considérablement augmenter la surface de l’aérogare avec un nouvel édifice de 530 mètres de long sur 30 mètres de large qui remplacera l’actuel terminal gros-porteur, un bâtiment peu affriolant construit à titre provisoire dans les années soixante-dix. La nouvelle structure, dont l’inauguration est prévue en 2015, sera «surtout un gain en terme de confort», commente Bertrand Stämpfli.

L’AIG poursuit ainsi sur sa lancée, après six ans d’investissements réguliers qui lui ont permis d’agrandir et rationaliser son aérogare. Mais 2012 s’annonce plus ardue, notamment du fait que l’AIG sera ponctionné pour aider son propriétaire, l’Etat de Genève, à se tirer de l’ornière budgétaire. Le canton s’attribuera la moitié du bénéfice si celui-ci dépasse 60 millions de francs, mais au moins 30 millions de francs, si le profit est inférieur. «On peut donc prévoir que l’aéroport devra céder l’an prochain bien plus que la moitié de ses gains, prédit Bertrand Stämpfli. Nous sommes mis à contribution car nous sommes en bonne santé. Mais il faut espérer que cela ne nuira pas à la politique d’investissement qui a permis cette bonne santé.»

L’essor de Cointrin a été quasiment continu au fil de la décennie écoulée, mis à part un léger fléchissement en 2009. En 2001, année où le trafic aérien avait connu un repli lié aux attentats du 11 septembre, le nombre de voyageurs annuels était de 7,5 millions, en progression d’un gros million d’unités par rapport à l’époque où Swissair avait annoncé, au printemps 1996, sa décision de retirer de Genève la quasi-totalité de ses vols intercontinentaux. En 2010, la compagnie low-cost EasyJet a assuré un gros tiers du trafic passager; Swiss ne représentait que 14%.

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