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Une vue de Nest, le musée qui détaille la multinationale Nestlé et ses 150 ans d’activité.
© CYRIL ZINGARO

Tourisme

Années folles en vue pour la Riviera vaudoise

Après Chaplin, Nestlé. Devenus des attractions, ces grands noms dopent l’offre touristique de la région lémanique sur des marchés toujours plus divers, mobiles et lointains

La Riviera vaudoise vit actuellement un moment particulièrement favorable, et avec elle le tourisme de toute la région lémanique. Pour marquer ses 150 ans, Nestlé a inauguré officiellement mercredi Le Nest, espace d’histoire et de découverte. Dans le même élan, l’Alimentarium, ouvert en 1985, a été entièrement renouvelé. En avril dernier, le vénérable Manoir de Ban célébrait sa transformation en Chaplin’s World, avec un retentissement médiatique énorme dans le monde.

Lire aussi: Nestlé ouvre ses tiroirs

Ces nouveautés succèdent à d’autres sur la rive vaudoise du Léman: deux ans après sa complète transformation, le Musée olympique de Lausanne a annoncé une fréquentation en hausse de 20% en 2015. Et ce n’est pas fini: les aquariums d’eau douce d’Aquatis seront inaugurés à Pâques 2017 à la sortie Lausanne-Vennes de l’A9, tandis que l’inauguration du nouveau Musée des beaux-arts de Lausanne est prévue pour l’automne 2019.

Grandes ambitions

Ces nouveaux aimants de l'offre touristique surenchérissent dans leur ambition: 250 000 visiteurs attendus sur la Plateforme10 et chez Nestlé, 300 000 aux aquariums, plus encore chez Chaplin. La dernière demeure du génial cinéaste ravira-t-elle la première place au château de Chillon, jusqu’ici indéboulonnable avec ses 370 000 visiteurs par an? Les paris sont ouverts dans les milieux touristiques.

«Chaplin, Nestlé, CIO, on ne peut rêver plus belle carte touristique, relève Michel Ferla, qui a longtemps occupé des fonctions dirigeantes sur la Riviera vaudoise et à Suisse Tourisme. Ces trois noms, connus dans le monde entier, sont devenus des attractions qui mènent dans notre région. Cela vaut en particulier pour la clientèle asiatique.»

Marchés lointains

«Chacun de ces sites est absolument unique, ce qui fait rayonner tout le canton», se félicite Andreas Bahnholzer, directeur de l’Office vaudois du tourisme. Ce responsable est aux anges depuis que le New York Times a placé, en janvier dernier, le canton de Vaud parmi sa liste des destinations phares.

Les clientèles américaines, du Moyen-Orient et surtout d’Asie ont pris une importance déterminante dans le tourisme suisse ces dernières années. Toujours plus présentes, elles ont permis, tout comme l’augmentation du tourisme national, de compenser les pertes parfois sensibles enregistrées sur les marchés européens, en raison du franc fort notamment. A l’échelle du pays, les nuitées ont subi un recul de 0,8% en 2015. Le net recul dans les Alpes a été compensé par les progrès du tourisme de ville. Vaud se place à cet égard parmi ceux qui tirent leur épingle du jeu.

Le destin touristique de la Riviera vaudoise est une success story à rebondissements. Il y a eu bien sûr l’époque fondatrice, marquée par les Anglais, les Russes et les têtes couronnées. Le temps des deux guerres mondiales est celui du déclin: les réfugiés remplacent les maharadjahs. Montreux trouve ensuite sa relance avec la Rose d’Or, concours du divertissement télévisé. Le festival de jazz, lancé par un collaborateur de l’office du tourisme, Claude Nobs, a pour première mission de distraire les participants de la Rose d’Or, qui s’ennuient le soir, rappelle Michel Ferla. Le développement de l’accueil des bons clients que sont les congressistes marque l’étape suivante du tourisme, à Montreux comme ailleurs.

La Riviera vaudoise va-t-elle vivre ses nouvelles années folles? L’inscription de Lavaux au patrimoine mondial de l’Unesco (2007) a en tout cas renouvelé l’image de la région au loin et favorisé l’œnotourisme. «On voit beaucoup plus de promeneurs dans les vignes qu’il y a dix ans, certifie Maurice Neyroud, vigneron et président de la Commission intercommunale de Lavaux. Même si la courbe des ventes de vin ne suit pas celle des nuitées…»

Une journée parfaite en Suisse

Tout comme l’appel du terroir, le tourisme de ville et de culture figure aujourd’hui en bonne place dans les efforts pour attirer une clientèle toujours plus diverse et mobile. Mais c’est grâce aux grands noms, comparables à des marques, que la région propose fièrement aux tour operators des marchés lointains le «produit porteur», celui qui doit permettre d’imposer la Suisse dans un programme du type «L’Europe en quatre jours». A cet égard, c’est plutôt la pléthore d’arguments qui menace.

Lire aussi notre éditorial: Transformer la poussière en or

Directrice du château de Chillon, Marta Dos Santos est très satisfaite de la collaboration qu’elle mène depuis 2011 avec le Montreux-Oberland bernois (MOB), et Glacier3000 (Diablerets). Ces trois fleurons de l’offre touristique, qui se sont associés à la bijouterie Meylan de Vevey pour l’indispensable shopping, organisent et financent en commun leur promotion sur les marchés de l’Inde, de la Chine et du sud-est asiatique. Le Musée olympique a rejoint depuis peu cette bande des quatre. Faire de la place à de nouveaux venus, comme Chaplin’s World?

Pourquoi pas, répond Marta Dos Santos. Mais les attractions réunies sous le label Highlights Lake of Geneva Region risquent alors de devoir modifier le nom de leur offre. Tant de paysage, de montagne et de culture, cela commence à faire beaucoup pour «A perfect day in Switzerland».

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