Le groupe Pegida, les «patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident», espérait tenir son premier rassemblement en Suisse, à Bâle, mercredi. Au lieu de la grande messe espérée, quelque 300 militants antifascistes se sont déployés sur la place du marché. Des grappes d’adolescents sirotant des bières, quelques cinquantenaires à la mine réjouie, tous venus «dire aux pro-Pegida qu’ils n’ont rien à faire ici». Encerclant la place et bloquant les rues, plusieurs dizaines de policiers anti-émeutes, certains venus en renfort des cantons voisins.

Malgré l’interdiction de manifester signalée aux deux groupes – Pegida et leurs adversaires de gauche – les agents n’ont pas tenté de disperser le sit-in. Aucun sympathisant du mouvement islamophobe ne s’est montré. Seul le député bâlois au grand conseil Eric Weber est apparu à la fenêtre de l’Hôtel de ville jouxtant la place, narguant les manifestants d’un «Hallo», aussitôt accueilli par des huées. L’homme, à la tête d’un groupuscule d’extrême-droite, avait obtenu au nom de Pegida en décembre une autorisation de défiler, retirée par la suite en raison de «risques de troubles à l’ordre public». Alors que la nuit tombait, la rumeur courait que des casseurs s’étaient donné rendez-vous plus tard en ville.