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© Christian Merz/Keystone

Elevage 

Les antispécistes combattent le futur abattoir d’Aubonne

Epinglé en novembre dernier pour ses mauvaises pratiques, un abattoir vaudois est dans le collimateur de la militante végane Virginia Markus, qui entend empêcher son transfert dans de nouveaux locaux

A peine sorti de la tourmente, l’abattoir de Rolle pourrait bien connaître une nouvelle période troublée. Après avoir dénoncé les mauvaises pratiques du personnel dans des vidéos clandestines, la militante antispéciste Virginia Markus s’efforce aujourd’hui d’empêcher le transfert des installations à Aubonne. Elle enverra vendredi une lettre ouverte contre ce nouveau «lieu de mort» aux communes de Rolle et Aubonne, au vétérinaire cantonal et à la Coopérative de l’abattoir de Rolle et environs (Carre), ainsi que le relève 24 heures mardi. La Ligue suisse contre l’expérimentation animale, l'association 269Life Libération animale et la Fondation MART figurent parmi les cosignataires. Un obstacle supplémentaire pour un projet dont le financement n’est toujours pas assuré.

Lire également: Les éleveurs répliquent aux antispécistes  

Cabri égorgé encore conscient, agneau pendu par une patte puis étourdi avec une pince électrique: diffusées fin octobre, les images tournées par Virginia Markus avaient choqué. Elles ne sont pas restées sans conséquences. Sur ordre du Service de la consommation et des affaires vétérinaires, l’abattoir a été fermé durant deux semaines en novembre dernier et le gérant a été licencié.

Conséquences économiques

Henri Bourgeois, président du Carre, reconnaît des failles. «Dans toutes les professions, il y a un droit à l’erreur, estime-t-il. On a admis et corrigé la nôtre, pris les mesures nécessaires, redéfini les protocoles d’abattage.» Le manque à gagner engendré par la fermeture est encore impossible à chiffrer, mais n’est «pas de nature à remettre en question la survie de l’exploitation, précise le président. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre.» Pour rouvrir, l’abattoir a notamment dû satisfaire les demandes du Service vétérinaire: renouvellement du matériel et engagement d’un nouveau gérant qui donne «entière satisfaction» et a passé «brillamment» tous les contrôles pour exercer.

«Un maillon de la chaîne»

Mais, pour Virginia Markus, rien n’est réglé. «Un des maillons de la chaîne a été éliminé, mais toute la filière viande et lait, du consommateur à l’éleveur, se dédouane de la responsabilité de l’abattage des animaux qui continue.» Elle qui ne voulait pas «stigmatiser un acteur en particulier» dénonce aujourd’hui une «solution de facilité»: «Il se passe probablement la même chose dans les 600 autres abattoirs de Suisse, mais tout le monde ferme les yeux.» L’affaire se poursuit par ailleurs au niveau judiciaire, la jeune femme étant sous le coup d’une plainte pénale pour violation de domicile et pose illégale de caméras de surveillance.

Le projet de transfert piétine

L’abattoir de Rolle, où quelque 1500 bêtes sont tuées chaque année, toutes catégories confondues, bénéficie d’un bail jusqu’au 30 juin 2019. Contrainte de céder la place pour la construction de la voirie rolloise, l’exploitation envisage un transfert dans la zone industrielle d’Aubonne, près de la déchetterie, depuis 2014. Coût estimé: 2,5 millions de francs. «En ce moment, le projet piétine un peu, reconnaît Henri Bourgeois. Nous sommes toujours en discussion avec l’Etat, qui nous demande d’intégrer son plan régional de développement de l’agriculture. Certes les fonds ne sont pas encore réunis, mais nous restons optimistes.»

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