Géraldine Savary briguera seule la succession de Michel Béguelin au Conseil des Etats. A son tour, une liste de neuf femmes et de neuf hommes, emmenée par la conseillère nationale et Roger Nordmann, qui avait remplacé à Berne Pierre-Yves Maillard élu au gouvernement vaudois en 2005, va partir à l'assaut du cinquième siège égaré au Conseil national il y a quatre ans.

Parler clair

Candidate unique à la candidature, Géraldine Savary a emporté l'enthousiasme des militants réunis à Sainte-Croix samedi pour leur congrès annuel. Comme si elle répondait aux critiques de Micheline Calmy-Rey, elle a prononcé un discours marqué par le désir de reconquérir ces électeurs qui cèdent aux sirènes populistes. Si les socialistes ont largement contribué à la croissance économique du pays, a-t-elle expliqué, ils doivent maintenant veiller à la redistribution équitable de la richesse produite.

Pierre-Yves Maillard n'a pas dit autre chose lors d'une intervention tournée en véritable programme électoral. Le parti a l'obligation de l'emporter, s'est-il exclamé, avant de détailler gagnants et perdants d'une Suisse sous l'emprise de la droite. D'un côté, il y a des malades privés d'assurance maladie ou des retraités floués par les caisses de pensions. De l'autre, des actionnaires qui empochent des dividendes millionnaires. Le conseiller d'Etat a déploré la communication défaillante du parti quand il a rappelé que la majorité des bénéficiaires de l'AVS ignore l'action du PS en faveur de leurs rentes. Loin des bavardages médiatiques, les socialistes doivent parler clair. Surtout aux oreilles des plus faibles. C'est la promesse de Géraldine Savary, femme de valeurs, étrangère aux lobbies en tout genre, a-t-elle assuré sous une salve d'applaudissements.

Une liste socialiste

Sans débats, le congrès a adopté la proposition du comité directeur de présenter Géraldine Savary sur une liste autonome. Les résultats obtenus détermineront ensuite la configuration pour le deuxième tour. Jean Jacques Schwaab, ancien conseiller d'Etat et ancien conseiller national, a tenté en vain de rediscuter l'option choisie. D'entrée, il aurait bien vu une alliance avec les Verts profitant de l'éparpillement du camp bourgeois. Mal servi par des prétendants médiocres, selon l'avis de bon nombre de participants aux assises de Sainte-Croix.

Selon Jean Jacques Schwaab, la crainte d'un rapprochement précoce qui aurait pu mettre sur orbite le candidat des Verts, probablement le conseiller national Luc Recordon, aux dépens de Géraldine Savary, a eu toutefois raison de sa suggestion. Sans parler de la volonté du parti de ne pas exclure du jeu l'extrême gauche.

Interrogé, Christian van Singer député des Verts au Grand Conseil vaudois et invité du Congrès, n'a pas caché sa préférence dans l'absolu pour une liste commune avec les socialistes. Il a reconnu cependant la nécessité pour tous les partis de se profiler au moyen de personnalités d'envergure. Et indiqué qu'un revirement à droite vers une liste unitaire au premier tour devrait déboucher forcément sur un changement de stratégie à gauche.