Accorder la plus grande autonomie possible à l'école, c'est le credo d'Ernst Buschor, directeur de l'Instruction publique en partance. Il est persuadé que c'est la condition pour obtenir de bons résultats scolaires (Le Temps du 17 juin).

Forme de testament politique, la loi sur l'école primaire contient bien d'autres innovations. L'introduction d'un nouveau degré à classes uniques, qui fusionne les deux années non obligatoires de l'école enfantine avec la première année primaire, est celle qui cristallise la majorité des oppositions. Cette organisation met fin à la séparation très stricte entre le jardin d'enfants, où il est encore interdit de lire et d'écrire, et le début de la scolarité obligatoire, pour faire place à un apprentissage plus adapté aux besoins individuels et surtout plus précoce, sans pour autant négliger les aspects ludiques. Parmi les autres points, on peut encore mentionner la possibilité d'enseigner dans une langue étrangère dès l'école primaire, des horaires groupés et des formes de prise en charge extra-scolaire, ainsi que l'enseignement intégré de l'informatique.

Coalition hétéroclite

Le paquet est contesté par l'UDC, mais aussi par une coalition hétéroclite de gauche, comprenant même le mouvement anti-mondialisation de Zurich. Cette dernière agite le spectre de la privatisation rampante de l'école et s'oppose à ce que les enfants soient mis sous pression d'apprendre dès leur plus jeune âge. Mais l'opposition la plus dangereuse, parce que larvée, provient des enseignants, dont certains craignent cette rafale de changements.