Mercredi dernier lors de sa séance hebdomadaire, le Conseil d'Etat valaisan a accepté l'idée de modifier l'appellation de la Bibliothèque cantonale valaisanne. Officiellement, elle se nommera bientôt «Médiathèque Valais». Elle aura son centre à Sion, et des ramifications à Saint-Maurice, Martigny (image et son) et Brigue. Ce nouveau baptême intervient à une période charnière dans l'histoire de l'institution. Aujourd'hui même, elle ouvre pour la première fois de son histoire un espace de libre accès dans l'ancien arsenal fédéral de la rue Pratifori. Jusqu'ici elle n'offrait aux usagers qu'un prêt au guichet dans ses locaux, à l'étroit dans la rue des Vergers.

En réalité, jusqu'à il y a quelques années, le Valais n'a jamais vraiment pensé à créer un lieu adapté à l'activité bibliothécaire. La première bibliothèque cantonale a été installée dans un grenier du Palais du Gouvernement en 1853. Puis elle a été déplacée dans le «Bâtiment du sel», qu'on avait rehaussé pour l'occasion. Au début du siècle, elle fut transférée dans les caves de l'actuel Palais de justice, qui était alors un collège. Enfin, en 1957, elle changea une dernière fois d'emplacement pour occuper l'ancien bâtiment de la Banque cantonale, à la rue des Vergers, où, les livres pesant plus lourd que les billets, les planchers furent mis à rude épreuve.

D'une ancienne banque, la bibliothèque passe donc aujourd'hui dans un arsenal, au centre de Sion, à trois minutes de son emplacement actuel. Cette option a été retenue en 1994 déjà par le Département de l'instruction publique. Le Service des bâtiments a alors conçu un projet global d'affectation, comprenant aussi le grand arsenal cantonal donnant sur la rue de Lausanne, qui sert aujourd'hui de base à la réaffectation.

Les 1000 m2 de libre accès sur deux étages, soit 40 000 livres, constituent la première réalisation concrète du projet. Pour le directeur de la bibliothèque, Jacques Cordonnier, «Il s'agit pour l'instant d'une extension des locaux de la rue des Vergers donnant un accès direct aux livres. Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont déjà accepté le principe d'un transfert de l'ensemble de la bibliothèque dans les deux arsenaux. L'objectif est de pouvoir ainsi proposer en libre accès, d'ici quelques années, quelque 100 000 livres, sur les 450 000 que nous avons.»

Quand? Telle est la bonne question, car il n'existe pas de planification précise pour la suite des travaux. Tout dépend du prochain départ des militaires encore présents sur les lieux, décision qui relève du département d'Adolf Ogi. Le directeur espère toutefois que le financement soit déjà intégré dans le plan quadriennal 2001-2005. Financièrement, la première étape ne s'est pas révélée trop ardue, avec un montant de 1,8 million de francs; mais l'ensemble du projet est estimé entre 15 et 20 millions.

Sur le plan cantonal – deuxième bonne question – y a-t-il une volonté politique de poursuivre? Le conseiller d'Etat Serge Sierro répond: «Cet investissement s'inscrit dans la ligne de la loi sur la culture présentée au Grand Conseil en 1996. Ce qui est déterminant, c'est que l'option du transfert total ait été prise: c'est un point de non-retour. Nous avons un lieu et le reste suivra. C'était du gaspillage que de laisser un tel volume en pleine ville pour du matériel militaire. Pour l'instant nous avons fait un investissement raisonnable, et nous avons le temps devant nous pour établir un calendrier.»

En termes de bibliothéconomie, l'espace de libre accès ouvert au public valaisan a été conçu dans une vocation généraliste et universelle. «Nous avons fixé des quotas d'ouvrages par grande discipline, explique le directeur. Puis, domaine par domaine, nous sommes remontés jusqu'à 10 à 15 ans en arrière pour faire un choix qui soit actuel. L'idée étant d'être représentatif dans tous les domaines de la connaissance et de la littérature.» L'espace, confirmant son ambition de médiathèque, propose aussi un choix de 1500 disques et toute une littérature sur les programmes informatiques.

Avec cet espace, la «Médiathèque Valais» est désormais prête à aller à la rencontre du public. Actuellement, à Sion, elle compte 12 000 utilisateurs inscrits pour 83 000 prêts par année. Les commodités du nouvel espace devraient rapidement faire augmenter la fréquentation. C'est en tout cas le souhait le plus cher de son directeur.