Election au Conseil fédéral

Après 18 ans d’absence, la Suisse italienne réclame un siège au Conseil fédéral

Pour mieux faire valoir à Berne la situation particulière du Sud des Alpes, un représentant au gouvernement est revendiqué

Voilà dix-huit ans que la Suisse italienne est absente du Conseil fédéral: depuis 1999, date du départ de Flavio Cotti (PDC). Après l’échec de la candidature UDC avec le conseiller d’Etat de la Lega Norman Gobbi, en 2015, les Suisses italiens réclament que l’un des leurs remplace Didier Burkhalter.

La «troisième Suisse» doit être représentée au gouvernement pour mettre en avant la situation particulière au Sud des Alpes, soutient Bixio Caprara, président de la section tessinoise du PLR. «Nous vivons dans notre chair les rapports difficiles avec l’Europe et l’Italie en particulier; cette réalité doit être bien reflétée au sein du Conseil fédéral.»

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L’élu rappelle que le Tessin est un petit territoire où affluent chaque jour 62 000 travailleurs frontaliers, enclavé dans une Lombardie de 10 millions d’habitants affichant un taux de chômage élevé. «Depuis la Berne fédérale, parfois, on ne le réalise pas assez, mais la pression économique sur les résidents est très forte. Un Tessinois saurait le faire valoir.»

Le Tessin: un laboratoire pour le reste de la Suisse

Un ou une repésentant-e de la Suisse italienne au Conseil fédéral est indispensable, insiste Bixio Caprara, d’autant que le PLR tessinois dispose de plusieurs candidats aux potentiels très valables. «Certes, Ignazio Cassis a un profil tout indiqué, mais d’autres personnalités possèdent aussi plusieurs atouts.» Il cite l’actuel conseiller d’Etat Christian Vitta, 44 ans, responsable des Finances et chef des libéraux-radicaux au Grand Conseil tessinois entre 2007 et 2015. Ou encore Laura Sadis, 56 ans, ex-conseillère nationale et membre de l’exécutif tessinois.

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«Un candidat pour vaincre, pas un candidat de façade»

Le siège de Didier Burkhalter est encore chaud, mais Bixio Caprara assure déjà que la section cantonale du PLR proposera un candidat «pour vaincre, et non de façade». Au Conseil national, le léguiste Lorenzo Quadri considère qu’un Tessinois au gouvernement serait avantageux pour le canton. Mais pas n’importe lequel. Il faut un Tessinois déterminé à défendre les intérêts du canton, souligne-t-il: «Pour la Lega, Ignazio Cassis souffre d’un handicap majeur: il était en première ligne dans l’opposition à l’initiative du 9 février 2014 «Contre l’immigration de masse.»

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En revanche, le conseiller national UDC Marco Chiesa promet de soutenir «avec conviction» le candidat que choisira le PLR tessinois, quel qu’il soit: «Nous devons être unis entre nous pour enfin être présents au gouvernement.»

A gauche, Ivo Durisch, chef du groupe socialiste au parlement tessinois, partage cet avis. Il croit fermement que la Confédération aussi gagnerait à compter un Suisse italien parmi les conseillers fédéraux, de façon à être plus au fait des réalités tessinoises. «Comme le montre chaque votation, le Tessin est un véritable laboratoire en ce qui concerne les rapports problématiques avec l’Europe, qui ont des ramifications dans tout le pays.»

Dossier
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