Plaisanterie. Moquerie. Humiliation. Les mots sont forts. Ils reflètent le dépit des cafetiers-restaurateurs à la suite des annonces du Conseil fédéral ce mercredi. La réouverture de leurs établissements n’est pas prévue avant le 1er avril et, au mieux, à cette date pourront-ils servir en terrasse uniquement.

«C’est une décision politique. On essaie de nous donner quelque chose, mais c’est une plaisanterie», fulmine la restauratrice Frédérique Beauvois, du collectif Qui va payer l’addition? «Le service en terrasse, au mois d’avril, est une partie négligeable de notre chiffre d’affaires. Qui va prendre le risque de faire ses stocks sans connaître la météo? Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Cette possibilité, telle qu’évoquée par le Conseil fédéral, démontre la méconnaissance des impératifs de la restauration», appuie-t-elle.


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Président de Gastrovalais, André Roduit est énervé. «La possible ouverture des terrasses en avril va créer une distorsion de concurrence, c’est n’importe quoi! Nous ne voulons pas de cette demi-mesure.» Et le restaurateur d’ajouter: «Si nous ouvrons les terrasses, aurons-nous toujours le droit aux aides? Si ce n’est pas le cas, on envoie des cafés-restaurants à la faillite.»

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Critiques sur le fond et sur la forme

Si la «non-annonce» de ce mercredi est critiquée sur le fond, elle l’est aussi sur la forme. La reprise de la citation de John Fitzgerald Kennedy, «Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays», par le président de la Confédération Guy Parmelin est restée en travers de la gorge.

Ce discours a fendu le cœur de Didier de Courten. Le chef valaisan estime que cette phrase est «symptomatique de l’état d’esprit qui règne aujourd’hui». «Comment ose-t-il dire des idioties pareilles? C’est nous qui attendons un soutien des autorités. Sinon à quoi servent-elles?» interroge-t-il.

Frédérique Beauvois renchérit: «S’il y a bien des gens qui ont fait leur part du boulot, en mettant en place des mesures sanitaires par exemple, ce sont les restaurateurs. On a payé notre tournée!»

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