A Genève, la polémique autour du cerf abattu dans le cimetière de Châtelaine prend un tour politique. Face à la levée de boucliers provenant tant des riverains que des défenseurs de l’environnement, l’Etat a finalement décidé, ce mardi, de reporter les tirs de régulation prévus pour juguler une population en augmentation. Des «mesures de protection actives», autrement dit des clôtures, seront installées pour protéger les cultures. En pleine campagne électorale, la décision du conseiller d’Etat Antonio Hodgers, qui va à l’encontre du préavis émis par la Commission consultative de la diversité biologique, suscite des réactions contrastées.

A Genève, canton qui interdit la chasse depuis 1973, l’environnement est récemment devenu un sujet de crispations surtout lorsqu’il entre en concurrence avec l’aménagement du territoire. Les nombreuses manifestations contre les abattages d’arbres ou encore le refus dans les urnes de plusieurs projets de densification l’ont prouvé. Aujourd’hui, c’est le cerf, cet animal majestueux, qui cristallise les rapports tendus entre ville et nature. Est-on face à une saine prise de conscience de l’importance de la biodiversité? Ou au contraire face à une vision idéalisée d’une population urbaine déconnectée de la nature?