Sur les dix cas examinés par l’évêché, dont certains remontent à plusieurs décennies, deux ont été annoncés après que l’affaire du prêtre schwyzois a été révélée dans la presse. Huit cas étaient par contre connus déjà avant. Dans un cas, l’auteur est décédé.

L’évêché a demandé aux autres personnes de prendre contact avec les six personnes du groupe «abus sexuels dans l’accompagnement spirituel». Il s’agit de psychologues, théologiens et de juristes. «Nous voulons aider les victimes», a déclaré le vicaire.

Dans le même temps, l’évêché veut examiner ce qui s’est passé au cours des 50 dernières années. Depuis son entrée en fonction en 1982, le vicaire a déclaré n’avoir eu connaissance que d’environ une demi-douzaine de cas d’abus sexuels par des prêtres.

Cette nouvelle affaire fait suite aux révélations d’un prêtre schwyzois, qui a abusé sexuellement de mineurs durant les seize années d’exercice à l’évêché de Bâle.

Aucun des dix cas présumés de l’évêché de Coire ne concerne le prêtre et administrateur de paroisse schwyzois qui a avoué avoir abusé d’enfants en Autriche et en Allemagne, a précisé le vicaire. Les abus commis par ce prêtre font l’objet d’une enquête pénale dans le Vorarlberg autrichien.

Lorsqu’il a été engagé, les dirigeants de l’évêché de Bâle savaient apparemment que le prêtre avait dû quitter ses précédents postes «en raison d’actes sexuels non autorisés», écrit l’institution sur son site internet vendredi, selon une information révélée par la télévision alémanique SF.

En accord avec les supérieurs de l’ordre, «l’engagement du prêtre s’est fait sous les conditions suivantes: traitement médical et accompagnement par l’abbé responsable en tant que supérieur et’père spirituel’.»

Une erreur «indéfendable»

Bien qu’à la connaissance actuelle de la direction de l’évêché de Bâle «le prêtre ne se soit rendu coupable d’aucun acte pédophile durant ses 16 années de présence, les circonstances de son engagement […] doivent être considérées aujourd’hui comme une erreur d’appréciation indéfendable», poursuit le texte.

Le document donne également des détails sur le parcours de cet homme ces dernières décennies. Il est actif dès 1971 à l’évêché de Bâle, en tant qu’auxiliaire dans la paroisse de Baden (AG). Il est ensuite nommé vicaire en 1978. L’évêque Anton Hänggi, décédé depuis, est en charge de l’évêché de Bâle en ce temps-là.

En 1987, le prêtre est rappelé par son monastère en Allemagne «en raison d’un grave manque de personnel». C’est en 1992 qu’il revient en Suisse et devient administrateur paroissial dans le canton de Schwyz, à Schübelbach.

Cette année-là, l’évêché de Bâle était dirigé par Otto Wüst et celui de Coire, dont dépend la paroisse de Schübelbach, par l’évêque controversé Wolfgang Haas. Ce dernier n’était pas atteignable vendredi pour une prise de position. Quant à M. Wüst, il est décédé en 2002.

Enquête en Autriche

Pour mémoire, le prêtre schwyzois a reconnu mercredi avoir abusé sexuellement d’enfants à Birnau (Allemagne) et à Mehrerau (Autriche). Il a démissionné immédiatement après ses aveux.