Égalité

Après le Conseil fédéral, la lutte pour la parité au parlement commence

Sur la place Fédérale ce mercredi, un petit groupe de femmes s’est rassemblé à l’appel d’Alliance F pour célébrer l’élection de deux nouvelles ministres ce mercredi. Ambiance chaleureuse, mais pas triomphaliste: la lutte pour la représentativité ne fait que commencer

Lorsque Karin Keller-Sutter a descendu les marches du Palais fédéral pour se faire ovationner par la foule rassemblée sur la place, une vingtaine de ballons jaunes ont été lancés par les «Business and Professional Women» de Wil, un club de femmes d’entreprises. Un nombre similaire de ballons bleus, dans les mains des femmes PLR et quelques ballons aux couleurs des femmes PDC ont également coloré le ciel. En outre, une poignée de jeunes femmes portant un tricot de sport rouge où s’affiche le lien «bundesraetinnen.ch» était également présente dans la foule.

Retrouvez notre suivi de la matinée d’élections, ainsi que tous tous nos articles sur les deux successions au Conseil fédéral.

La mobilisation n’était pas impressionnante, mais il faut dire que l’élection de deux conseillères fédérales ne faisait pratiquement aucun doute. Alliance F, qui regroupe près de 150 associations féminines et se bat pour une meilleure représentation des femmes en politique peu importe la couleur qu’elles affichent, est donc d’ores et déjà concentrée sur le prochain enjeu majeur: les élections fédérales de 2019.

Tremplin pour 2019

Pour sa secrétaire générale, Sophie Achermann, si le plébiscite au premier tour de Viola Amherd et de Karin Keller-Sutter marque un «moment historique pour les femmes», elle rappelle également que «le combat pour plus de femmes en politique ne fait que commencer».

En effet, le Conseil national n’affiche que 32% de présence féminine et le Conseil des Etats, un maigre 15%, avec une seule sénatrice candidate à sa réélection sur les sept actuelles. Alliance F a lancé avec Opération Libero la campagne «Helvetia appelle», dans le but de promouvoir les femmes aux élections, sans distinction de parti.

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Le mouvement compte sur le soutien de nombreuses personnalités féminines de tous horizons politiques, de l’UDC Alice Glauser à la Verte Lisa Mazzone, de l’ancienne conseillère fédérale Elisabeth Kopp à… la conseillère fédérale fraîchement élue Viola Amherd.

Sophia Achermann annonce qu'«Helvetia appelle» a d’ores et déjà pu persuader près de 300 femmes de se porter candidates aux élections fédérales. «Nous nous battrons également pour qu’elles ne soient pas reléguées au bas des listes électorales et les soutiendrons dans la levée de fonds.» Par ailleurs, Sophie Achermann donnera elle-même l’exemple en se présentant dans le canton de Berne sur la liste des Verts, tandis que les coprésidentes de l’Alliance, les conseillères nationales Kathrin Bertschy (Verts’libéraux/BE) et Maya Graf (Verts/BS), seront candidates à leur réélection. Cette dernière est même pressentie pour les Etats dans son fief bâlois.

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