Valais

Après sa défaite, l’UDC valaisanne accuse la communauté albanaise

L’UDC dépose un second recours contre le résultat de l’élection qui a éjecté Oskar Freysinger du gouvernement valaisan. Elle accuse la communauté albanaise et indigne les autres partis

«La partie recourante n’a pas les moyens de vérifier l’exactitude de ces informations», mais elle accuse. En déposant un nouveau recours, le président de l’UDC Jérôme Desmeules tente encore une fois d’empêcher le nouveau gouvernement de prendre ses fonctions. Selon lui, un démocrate-chrétien domicilié à Naters et originaire du Kosovo «aurait collecté les enveloppes de la communauté albanaise de sa commune, qu’il se serait chargé de remplir». Le Temps s’est procuré ce document qui a été transmis à la commission de justice du parlement.

Tentant une estimation du nombre de Kosovars naturalisés en Valais depuis 1991 (environ 1500 selon elle), l’UDC attaque le nouveau ministre PDC Christophe Darbellay, qui «a été vu avec la communauté albanophone de Fully». Ces éléments fondent son second recours contre les résultats de l’élection qui a éjecté Oskar Freysinger du gouvernement. Pour Jérôme Desmeules, «il est impossible de savoir si d’autres personnes ont effectué le même travail auprès d’autres communautés.»

Lire aussi: Le gouvernement prête serment malgré les protestations de l’UDC

Réactions indignées

«Déçue», la présidente socialise Barbara Lanthemann, juge que «ce recours n’est pas crédible». Pour elle, «l’UDC s’appuie sur des suppositions et des amalgames plutôt que des faits». Elle s’indigne: «Ce parti ne prend pas la justice au sérieux. Il fait autant de bruit que possible pour jeter le discrédit sur le prochain gouvernement.»

Leurs accusations sont dénuées de tout fondement et ils assument ouvertement leur xénophobie

Président du PDC, Serge Métrailler se décrit «très désagréablement surpris par l’acharnement avec lequel l’UDC cherche à déstabiliser les institutions et occuper le terrain médiatique». Il soupire: «Ça nous dit la politique que ses membres entendent mener ces prochaines années». Pour Christophe Darbellay, directement concerné, «leurs accusations sont dénuées de tout fondement et ils assument ouvertement leur xénophobie, même vis-à-vis de citoyens suisses.»

Après une rude campagne, la classe politique valaisanne semble lassée. En rappelant que son parti milite depuis longtemps pour une sécurisation du vote par correspondance, le libéral-radical René Constantin reste prudent: «Si ceci signifie que le coupable a été identifié, je suis soulagé et rassuré. Mais si l'UDC se trompe, elle devra rendre des comptes.»

Un recours tactique

Le 19 mars dernier, Oskar Freysinger a été battu de plus de 2000 voix par le libéral-radical Frédéric Favre. Jusqu’ici, trois communes du Haut-Valais ont déposé des dénonciations pénales et au moins 64 votes frauduleux ont été recensés. La loi précise que les élections ne peuvent être annulées que si «des irrégularités alléguées ont influencé de manière déterminante le résultat du scrutin». Sur cette base, le parlement a balayé un premier recours et assermenté les cinq élus. L’UDC a promis de saisir le Tribunal fédéral.

L'UDC exploite ici une vieille incongruité valaisanne: tous les quatre ans, le nouveau gouvernement prête serment avant la fin du délai de recours légal. Jérôme Desmeules obtient ainsi un argument pour demander un effet suspensif au Tribunal fédéral. Il confirme le dépôt d’une plainte pénale au nom de son parti. L'identité du démocrate-chrétien originaire d'Albanie et domicilié à Naters a été transmise au Ministère public. Interrogé par le Walliser Bote, le principal intéressé nie farouchement ces accusations.

Publicité