Le week-end n'a pas interrompu les cogitations autour d'Expo.01. Après la mise à pied de la directrice générale, Jacqueline Fendt, de nouveaux noms susceptibles de sortir la manifestation de la panade sont apparus. La pression sur l'actuel président du comité stratégique, le conseiller d'Etat neuchâtelois Francis Matthey, s'est par ailleurs accrue d'un cran.

Après son retrait du Conseil fédéral, Flavio Cotti n'est pas allé au Kosovo. Pourquoi n'irait-il donc pas à l'Expo? Le maire de Bienne, Hans Stöckli, le verrait bien faire équipe avec le patron de Swatch, Nicolas Hayek. Il s'en est confié à l'hebdomadaire zurichois SonntagsZeitung. Il s'agirait de constituer un petit groupe de gens efficaces – un Ausschuss, disent les Alémaniques – au sein de ce vaste conseil d'administration à l'ancienne qu'est le comité stratégique. Interrogé par Le Temps pour savoir quels engagements il avait obtenus de l'ancien chef de la diplomatie suisse avant de lancer son nom, Hans Stöckli s'est retranché dans un prudent silence. «Je peux seulement vous dire que, pour moi, il faut renforcer le comité stratégique par un représentant de l'industrie – je verrais Nicolas Hayek que je connais bien – et par un représentant de la politique nationale – et là, je verrais Flavio Cotti.»

Dans la même perspective, la vice-présidente du comité stratégique, Elisabeth Zölch, explique dans le Sonntagsblick que le nombre des membres de cette confrérie devrait passer de 19 à 5. Sans consulter personne, la conseillère d'Etat bernoise passe à l'offensive, peut-être après avoir senti elle-même le vent des boulets visant Francis Matthey, suggère le journal alémanique. Les cantons et les associations qui ne seraient plus représentés dans cette commission restreinte composée de personnalités du monde économique, politique et culturel, auraient encore leur mot à dire dans un comité consultatif.

Que dit de tout cela le conseiller fédéral Pascal Couchepin, patron du Département de l'économie et ministre de tutelle de l'Expo – une tutelle à vrai dire bien légère? Actuellement simple touriste en Syrie, le Valaisan ne se prononce pas sur le détail d'une participation financière accrue de la Confédération. Mais, dans une interview à la SonntagsZeitung, il reconnaît que l'Etat devra bien se résoudre à administrer un peu plus de vitamines au projet, tout en rejetant l'idée d'un report de l'événement. Quant à assumer lui-même une fonction dans le projet – à l'instar de ce qu'avait fait son collègue Adolf Ogi pour la candidature de Sion au JO 2006 – Pascal Couchepin n'en veut rien savoir. Un conseiller fédéral ne dispose pas du temps nécessaire, et ne peut être à la fois le mandant et le mandataire de l'Expo.

Quelles que soient les difficultés rencontrées, près de deux tiers des Suisses sont convaincus qu'Expo.01 doit se faire. Mais 60,6% d'entre eux refusent que la Confédération dépense l'argent du contribuable pour apporter les 100 à 200 millions qui manquent encore au projet, dans l'hypothèse où l'économie ne le ferait pas. C'est ce qui résulte d'un sondage publié dimanche par Le Matin. Selon un autre sondage commandé par la SSR, 26,4% des personnes interrogées approuvent le licenciement brutal de Jacqueline Fendt, 25,3% le condamnent — mais la plupart sont indifférents (47,2%).