Le covid a habitué les Suisses aux pénuries. D’abord les masques et le gel hydroalcoolique, puis les vaccins. Alors que le rythme des livraisons s’accélère un peu, devra-t-on déplorer bientôt un nouvel absent, à savoir les candidats à la vaccination? La question se pose devant le nombre de gens qui s’affirment vaccino-sceptiques ou farouches anti-vaccins. S’ils s’avèrent trop nombreux, ils hypothéqueront la sortie de crise. C’est ainsi qu’il faut lire Alain Berset dans le texte.

A l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), on estime à environ 30% la part de la population qui ne présentera pas son bras à la piqûre. Mais cela ne veut pas dire grand-chose, car ce chiffre oscille en fonction de la couverture médiatique, des polémiques, ou même du sentiment que le vaccin est une denrée rare, donc désirable. «On estime les irréductibles à 5% en général, estime Valérie D’Acremont, infectiologue à Unisanté et professeure à l’Université de Lausanne (Unil). Comme ce vaccin est nouveau, il y aura sans doute 10 à 20% de gens impossibles à convaincre. Ce qui laisse un potentiel de 80%, un chiffre idéal pour atteindre l’immunité collective et lever toutes les mesures. Mais plus on descend dans la pyramide d’âge, plus la quantité de gens ultra-motivés va baisser, car ils mettent en balance le risque présumé du vaccin et celui de développer un covid lourd.»