Le Mont-sur-Lausanne inaugurera le 6 août un nouveau type de centre d'accueil dans le pays: un centre de préenregistrement, soit un lieu destiné à recevoir les réfugiés dès leurs premiers jours en Suisse et avant leur enregistrement. Jusqu'ici, l'afflux de réfugiés n'avait nécessité l'ouverture de telles infrastructures qu'aux abords des quatre centres d'enregistrement débordés, soit Genève, Bâle, Chiasso et Kreuzlingen.

L'armée avait pris le relais en automne dernier en mettant à disposition six de ses propres baraquements. Mais l'afflux, qui a atteint un record absolu le mois dernier avec 9500 arrivées, oblige l'Office fédéral des réfugiés à trouver d'autres solutions. La Confédération a lancé un appel aux cantons. Cela s'appelle un retour de manivelle: en mai dernier, lorsque Ruth Metzler a pris ses fonctions de conseillère fédérale, la plupart des cantons romands lui ont adressé une lettre personnelle pour l'encourager à plus d'ouverture. Mais l'appel de la Confédération n'a pas rencontré beaucoup de succès: dans un premier temps, seuls Vaud et Bâle-Campagne se sont annoncés pour accueillir des centres de préenregistrement. Jura et Fribourg semblent être disposés également, mais la Croix-Rouge, chargée d'assurer l'encadrement dans ces centres, estime qu'on n'ouvrira pas d'autres lieux de préenregistrement pour l'instant.

Il s'est agit ensuite pour Vaud de trouver un lieu propice à l'installation de cette porte d'accueil pour réfugiés. En fait, l'Etat a eu recours à une sorte de marchandage: en avril dernier, le canton avait imposé à 29 communes d'ouvrir leur abri de protection civile pour y héberger des requérants confiés au canton après leur enregistrement.

Une solution jugée meilleure pour la population

Avec son abri de 100 places, le Mont-sur-Lausanne était l'une des prochaines communes sur la liste. On lui a donné le choix entre héberger des requérants pour une durée de six à dix-huit mois après leur enregistrement (centre de premier accueil) ou offrir l'accueil à des réfugiés pendant quelques jours (de deux jours à deux semaines) avant leur enregistrement à Genève (centre de préenregistrement). La municipalité n'a pas hésité.

Deux semaines après l'offre, sans consulter ni le législatif ni la population, elle a accepté d'accueillir un centre de préenregistrement. Mais la décision ne semble pas motivée seulement par l'esprit de solidarité: «C'est une solution plus acceptable pour la population, commente le vice-syndic Raymond Annen. C'est plus agréable d'avoir des gens de passage. En quelques jours, ils n'auront pas le temps de s'intégrer au village.» Il refuse de poser pour notre photographe devant l'entrée de l'abri PC: «Je ne veux pas que les gens sachent où se trouve le centre.»

Dans le tout-ménage distribué en début de semaine aux quelque 5000 habitants, la municipalité écrit: «Les autorités ont obtenu l'assurance que l'ouverture de ce centre d'enregistrement au Mont dispensera la commune de l'obligation d'ouvrir un centre d'hébergement de durée indéterminée.» Les autorités ont le sentiment d'avoir conclu une bonne affaire. Un contrat de trois mois a été signé entre la commune et l'ODR. Un groupe de bénévoles s'est spontanément présenté à la Croix-Rouge, mais ni journées portes ouvertes, ni séance d'information sont pour l'instant prévues pour faciliter l'accueil auprès de la population.