Le Haut-Valais se découvre une nouvelle pollution, après celle du mercure. Des polluants organiques, parmi lesquels de la benzidine, un composé toxique et cancérigène, ont été mis en évidence dans les eaux souterraines sous et en aval de l’ancienne décharge de résidus de production chimique de Lonza de Gamsenried, communique ce lundi l’Etat du Valais.

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Des concentrations largement supérieures au seuil d’assainissement

Les concentrations de benzidine, constatées dans les eaux souterraines en aval de la décharge de 1,5 million de m3, oscillent entre «moins de 1 et plus de 500 nanogrammes par litre (ng/l)», souligne le canton. Certaines d’entre elles sont donc largement supérieures au seuil d’assainissement, qui se situe à 0,75 ng/l.

La présence de ce composé toxique est «probablement» due à sa «formation comme produit secondaire lors de la production par le passé de phénylhydrazine», explique l’Etat du Valais. La découverte a été faite par le groupe chimique Lonza, dans le cadre des investigations requises par le Service cantonal de l’environnement. Ces dernières, qui sont encore en cours, doivent permettre «d’avoir une meilleure compréhension de la répartition des polluants et de leur mobilité dans la décharge», écrit le canton.

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Des mesures immédiates

Des mesures immédiates ont été prises, dès la confirmation de la présence de benzidine dans les eaux souterraines. Lonza a augmenté le débit de pompage de ces eaux «en aval immédiat de la décharge afin d’améliorer le confinement hydraulique du site», communique l’Etat du Valais. Les eaux pompées seront traitées à la station d’épuration du site chimique. Le canton ajoute qu’un essai pilote sera effectué prochainement. Il consistera en l’injection d’air dans la nappe afin d’accélérer la biodégradation de ce polluant.

La présence de benzidine est «une nouvelle donnée à prendre en compte dans l’évaluation des risques à long terme liés à l’ancienne décharge de Gamsenried et dans le projet d’assainissement, dont le processus suit son cours», reconnaît l’Etat du Valais, qui précise que «les analyses n’ont pas révélé de benzidine dans des puits d’eau potable et d’irrigation de la région».