La perspective d’une hausse du prix des carburants de 10 à 12 centimes par litre a sans doute contribué au rejet de la loi sur le CO2 le 13 juin. L’analyse du vote dira quel rôle cet élément du projet a joué. Cela n’empêche nullement l’Association transports et environnement (ATE) de revenir à la charge avec un nouveau scénario: augmenter le prix de l’essence de 1 franc par litre. Cette revendication est l’un des piliers du «masterplan» pour un trafic sans énergie fossile qu’elle a présenté mardi.

Pour le président de l’ATE, Ruedi Blumer, l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à zéro d’ici à 2050 reste «incontestable». Or, les transports émettent environ un tiers du CO2 rejeté en Suisse. C’est pourquoi l’ATE considère que l’objectif climatique ne pourra être atteint «que si les transports renoncent très largement ou même totalement à l’utilisation d’énergie fossile». A cette fin, et en s’appuyant sur une étude commandée à l’institut Infras, elle adresse à la Confédération, aux cantons et aux communes une série de propositions visant à influencer les comportements et à soutenir les progrès technologiques. La piste la plus spectaculaire est le renchérissement des carburants fossiles de 1 franc par litre, une mesure que l’ATE qualifie d’«efficace et socialement acceptable». Cela peut surprendre dans la mesure où la majoration de 10 à 12 centimes n’a apparemment pas été jugée sociale.