Martin Bäumle a annoncé vendredi après-midi à Berne son départ de la présidence des Vert’libéraux (PVL). Après s’être investi pendant dix ans pour mettre le parti sur les rails, le conseiller national zurichois estime que cet anniversaire constitue «le moment idéal» pour transmettre le flambeau. Son successeur sera désigné lors de l’assemblée des délégués du 26 août prochain.

Martin Bäumle dit avoir accompli sa mission. Il a fondé le PVL en 2007 à Zurich, suite à des divergences idéologiques avec les Verts, qu’il trouvait trop proches de la gauche et des syndicats. Aujourd’hui, le parti a sa propre fraction parlementaire, 19 sections cantonales, et il est présent dans 17 parlements cantonaux. L’alliance entre l’économie et l’écologie est aussi devenue une évidence. «Martin Bäumle a fait de l’excellent travail. Créer un parti, ce n’est pas donné à tout le monde», déclare la conseillère nationale Isabelle Chevalley (VD), seule élue romande du groupe sous la Coupole.

Des hauts et des bas

Le retrait de Martin Baümle n’est pourtant qu’une demi-surprise. Certes, l’homme a connu des moments de gloire. En 2011, au soir des élections fédérales, les projecteurs étaient braqués sur lui. Avec le PBD de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, le PVL est venu bousculer les codes. Les partis traditionnels ont soudain dû composer avec ces partenaires juniors du centre de l’échiquier, capables de faire basculer une majorité.

Mais depuis, on ne cesse de prédire leur fin imminente. A l’échelon cantonal, les Vert’libéraux se maintiennent plus ou moins. Dans le canton de Vaud, Isabelle Chevalley se dit satisfaite des résultats pour le Grand Conseil. «On prédisait notre mort car nous n’avions pas conclu d’alliance. Or, nous avons dépassé le quorum», signale-t-elle.

Pas de chance aux dernières élections fédérales

Au niveau fédéral, par contre, les dernières élections fédérales de 2015 ne leur ont pas porté chance. Les Vert’libéraux ont perdu cinq de leurs douze sièges au Conseil national et ne sont plus représentés au Conseil des Etats. Martin Bäumle, qui s’est lancé lui-même dans la bataille pour sauver le siège de la sénatrice Verena Diener, a été largement devancé par ses concurrents. Lors de cette annus horribilis, le PVL a aussi subi une cuisante défaite avec sa première initiative populaire visant à remplacer la TVA par une taxe sur les énergies fossiles. L’idée a été littéralement broyée dans les urnes, avec 92% des voix contre.

Sous la Coupole, Martin Bäumle a perdu en influence et les Vert’libéraux en visibilité. Même s’ils suscitent toujours la curiosité, à voir le nombre de journalistes qui se sont pressés vendredi après-midi dans une petite salle d’un restaurant bernois. Le conseiller fédéral Alain Berset leur doit aussi une fière chandelle. Opposés à sa réforme de la prévoyance professionnelle, ils ont néanmoins apporté leurs voix au projet lors du dernier vote crucial, afin que les citoyens suisses puissent trancher en septembre prochain. Une décision purement stratégique qui a sauvé tout le paquet du naufrage.

Regagner des électeurs, prochaine mission

Il en faudra cependant plus pour regagner des électeurs. Ce sera la mission de l’homme ou de la femme du futur. Etant donné la petitesse du groupe parlementaire, les noms circulent déjà. Il y a la cheffe du groupe, Tiana Angelina Moser. La scientifique zurichoise a pris de la bouteille ces dernières années. La Bernoise Kathrin Bertschy fait parfois des étincelles. Le Bernois Jürg Grossen, entrepreneur, est une personnalité à suivre. L’Argovien Beat Flach est bien implanté. Isabelle Chevalley? Elle est la seule Romande du groupe. Et son entrée fracassante pour le 2e tour de l’élection au Conseil d’Etat vaudois, aux côtés de l’UDC Jacques Nicolet, fait grincer des dents.

De son côté, Martin Bäumle dit vouloir rester présent au sein du comité directeur. Il demeure aussi conseiller national. Politiquement, il ne ferme aucune porte. Mais il a précisé vendredi que sa décision de se retirer de la présidence n’avait rien à voir avec une éventuelle candidature au Conseil d’Etat zurichois, ni avec sa santé. En 2014, il a été victime d’un infarctus. Mais il se dit plus fit que jamais.