♦ Du Toni Brunner, bientôt feu président de l'UDC Suisse, à la une (ou presque) de tous les dominicaux. L'agriculteur saint-gallois a annoncé samedi vouloir quitter son poste en avril (LT.ch du 9 janvier). Mais la vraie nouvelle du jour demeure bel et bien l'annonce de son mentor, Christoph Blocher, au Sonntags Blick: celle de l'abandon de son poste de vice-président du parti. Pour Christine Maier, rédactrice en chef, si cette «double démission» annonce assurément «la fin d'une ère», elle ne présage absolument pas de la fin de la carrière politique du vieux lion zurichois, qui se qualifie lui-même de «vieux tas de ferraille». «Ne nous méprenons pas, il continuera à appartenir à ceux qui tirent les ficelles de ce pays, avance l'éditorialiste. En d'autres termes, un Christoph Blocher ne s'arrête pas.» Quant à Toni Brunner, il compte dissuader son mentor d'abandonner son siège à la direction du parti.

♦ La NZZ am Sonntag révèle quant à elle que 39 500 personnes environ ont déposé en 2015 une demande d'asile en Suisse, la plupart étant originaires d'Erythrée, d'Afghanistan et de Syrie. L'hebdomadaire cite deux sources bien informées. Le nombre de demandes d'asile a, de fait, atteint son plus haut niveau depuis 1999, au moment de la guerre du Kosovo, quand 47 500 personnes avaient sollicité les services de la Confédération.

♦ Par ailleurs, au cours des trois dernières semaines, beaucoup moins de requérants sont entrés en Suisse, note de son côté la Zentralschweiz am Sonntag, qui se fonde sur des données du Corps suisse des garde-frontières sur les entrées illégales dans le pays. Entre le 28 décembre et le 3 janvier, 408 migrants sont entrés illégalement en Suisse, soit 70% de moins que début novembre (1100 personnes par semaine).

♦ A la Une du Matin Dimanche: la hausse de la délivrance des permis d'acquisition d'armes en Suisse romande. L'hebdomadaire a aggloméré les statistiques des polices cantonales. Le résultat est limpide: plus de 9000 permis ont été délivrés en 2015 contre un peu moins de 7000 l'année précédente. Entre 2010 et 2015, l'augmentation est importante, relate le journal, soit +76%. Dans le trio de tête des cantons dont la demande a été la plus forte, on retrouve celui de Vaud (4000 permis), Genève (1902) et le Valais (1389). La RTS, le 20 décembre 2015, avait également enquêté sur le sujet.

♦ Selon la majorité des polices cantonales, les acheteurs seraient «surtout des collectionneurs, tireurs sportifs et chasseurs». Mais il existerait une nouvelle catégorie, affirme Pierre-Olivier Gaudard, chef de la division prévention de la criminalité de la police vaudoise: les individus qui veulent s'armer pour se protéger des cambrioleurs. Ils se sentent plus en sécurité avec une arme à la maison. Si la plupart des interlocuteurs interrogés par Le Matin Dimanche estiment qu'il s'agit là d'une «très mauvaise idée», une autre voix discordante s'élève pour penser le contraire. «Ce n'est pas dans cette situation que l'utilisation de l'arme devient nécessaire. Au Bataclan, il y avait des policiers en civils en congé (...) qui n'ont rien pu faire face aux terroristes. (...) On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne pour la protéger, alors la sécurité devient notre affaire personnelle.» Des propos signés Bernard Wicht, présenté comme un expert des questions stratégiques à l'Université de Lausanne.

♦ L'hebdomadaire orange rappelle encore que la Banque nationale suisse a opté pour des futurs billets de banque mêlant à la fois papier et polymère. Le support est mis au point par la société Landqart. La première coupure de cette nouvelle série, le billet de 50 francs, sera mise en circulation en avril, après avoir été repoussée plusieurs fois à cause d’ajustements techniques. Un billet actuel coûte 30 centimes à la fabrication et dure en moyenne trois ans. Les prochains seront plus chers, mais il faudra les remplacer moins souvent. Une chose est certaine, la BNS fera à terme des économies substantielles. En 2014, 18% des billets ont été détruits et remplacés, soit 76,6 millions de coupures, et 90,3 millions de billets neufs ont été mis en circulation.

♦ Enfin, la NZZ am Sonntag revient sur les déboires de l'industrie, qui continue de souffrir de l'abandon du taux plancher de l'euro par la Banque nationale suisse. D'après un sondage, 74% des entreprises se plaignent d'une érosion de leurs marges, très forte pour 33% d'entre eux, dit Daniel Küng, directeur de Switzerland Global Enterprise. Selon lui, cette situation perdurera encore pour quelques trimestres. «Nous estimons sur la base de nos contacts que le niveau de 2015 va s'installer dans la durée, nous avons peut-être atteint le creux de la vallée», affirme-t-il. La BNS reçoit cependant les compliments de l'ancien patron d'UBS Oswald Grübel dans la Schweiz am Sonntag: «On doit au professionnalisme des banquiers de la BNS le fait que le taux plancher, «le plan dévastateur avec les politiques», n'ait coûté en 2015 que 20 milliards de francs.»