Le gouvernement vénézuélien est fâché. Moins apparemment parce que les autorités suisses ont bloqué la livraison de 800 pistolets 9 mm SAN (anciennement SIG) que parce que la presse a fait état récemment, tant à Berne qu'à Caracas, des raisons qui ont motivé cette décision. Une décision qui date de l'été dernier déjà, lorsque l'administration fédérale a bloqué la livraison du solde d'une commande de 1200 armes de poing destinées aux officiers de l'armée vénézuélienne, sous forme de kits à monter par l'industrie locale. Selon le quotidien bernois Der Bund, dans son édition de mardi, Berne a pris cette décision pour plusieurs raisons. Parce que l'on a retrouvé des armes vénézuéliennes dans les mains de la guérilla colombienne, parce que les droits de l'homme ne sont pas pleinement respectés dans le pays et parce que la politique plus offensive des Etats-Unis contre les cartels de la drogue menace la paix et la stabilité dans la région. Cette analyse de la situation ne semble pas avoir varié depuis lors, puisque l'exportateur serait revenu vainement à la charge en novembre et en février.

Ces prétextes ont profondément déplu au gouvernement de Caracas, pour l'image qu'ils donnent du pays. Sa chargée d'affaires à Berne, Magda Ruizpineda, a eu pour tâche de le faire savoir jeudi à la presse. Le Venezuela, affirme-t-elle, est un pays stable, à preuve les nombreuses entreprises suisses qui y sont installées, sa Constitution est parmi les plus avancées au monde en ce qui concerne les droits de l'homme et son gouvernement collabore pleinement avec celui de la Colombie dans toutes ses entreprises tendant au rétablissement de la paix. En conséquence, le gouvernement vénézuélien espère que les autorités helvétiques reviendront sur leur appréciation excessive et injustifiée de la situation régnant dans le pays. Pour l'heure, aucune démarche n'a encore été faite en ce sens au niveau diplomatique, ni à Berne, ni à Caracas.