En cas d'éclatement d'un conflit en Irak, la Suisse cessera ses exportations d'armes de guerre. C'est ce qu'a annoncé le président de la Confédération, Pascal Couchepin, dans une interview publiée dimanche par la SonntagsZeitung. La Suisse cessera de fournir des armes à tous ceux qui sont directement impliqués dans le conflit, c'est-à-dire qui mènent des opérations militaires, a souligné le président de la Confédération. Mais la Suisse peut parfaitement continuer à fournir des pistolets à la garde nationale des Etats-Unis, par exemple. Des exportations qui seraient destinées au Moyen-Orient, en revanche, ne seraient pas autorisées. Il n'y a pas non plus de problème avec les affaires de compensation faisant suite à l'achat de chasseurs américains F/A-18. Le président de la Confédération ne voit en outre pas de raison de reporter sa rencontre, prévue en Suisse en juin prochain, avec le président des Etats-Unis. «Les Etats-Unis sont un pays ami, même si nous ne sommes pas toujours d'accord avec eux.»

«Le point de non-retour»

Le conseiller fédéral Samuel Schmid considère comme très vraisemblable une attaque de l'Irak. Il a en effet estimé, dans une interview publiée samedi par le Landbote de Winterthour, que le «point de non-retour» a été atteint. Il a également mis en garde contre des peurs irraisonnées ou l'hystérie.

Selon le responsable du Département fédéral de la défense (DDPS), Saddam Hussein dispose d'armes qui pourraient être également dangereuses pour nous et il ne réagit que lorsqu'il est soumis à une pression militaire. Selon Samuel Schmid, la présence militaire dans la région du Golfe a au moins servi à la commission de contrôle de l'ONU de pouvoir faire détruire une quantité d'armes plus importante que celle qui a été détruite pendante la guerre de 1991.

Interrogé sur d'éventuelles attaques terroristes en Suisse, Samuel Schmid a estimé que la Suisse n'était pas directement une cible pour d'éventuelles représailles. Mais les représentations diplomatiques des pays concernés pourraient être menacées.

Manifestations

La Suisse dispose par ailleurs de masques à gaz et de places dans des abris pour toute la population ainsi que des produits pharmaceutiques nécessaires en cas d'attaque bactériologique. Il n'y a dès lors aucune raison de céder à la peur.

Les manifestations en faveur de la paix se sont poursuivies pendant le week-end. Selon la section suisse de GlobalVigil, des manifestations plus ou moins importantes ont eu lieu dans près de 50 localités, souvent avec le soutien des autorités et des Eglises. A Lucerne, devant le panorama des Bourbaki, près de 300 personnes ont participé à une nuit de veille pour la paix.