L’ancien conseiller fédéral Arnold Koller, âgé de 87 ans, a la mémoire encore vive. Invité lundi à commenter la présentation officielle des documents diplomatiques (Dodis) de l’année 1990, libérés au terme du délai légal de blocage de trente ans, il se souvient bien de cette «année mouvementée», lors de laquelle il exerçait la fonction de président de la Confédération. Cette année-là, tout s’est entrechoqué: le bloc de l’Est s’effritait, la partition de l’Allemagne s’achevait – et, avec elle, la division du continent européen en deux camps –, la Communauté européenne (CE) sondait les sept Etats membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE) pour construire un grand marché intérieur qui porterait le nom d’Espace économique européen (EEE), les demandes d’asile augmentaient fortement, le conflit qui éclatait au Proche-Orient mettait la neutralité à rude épreuve.

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