Crispation, énervement et même colère. Réunis dans la salle de gym de la caserne de Chamblon, au-dessus d’Yverdon, les délégués de l’UDC ne cherchaient même pas à donner le change, samedi, face aux inévitables questions des journalistes sur l’affaire Zuppiger. Ceux qui acceptaient de répondre aux questions fustigeaient «la légèreté» des trois «B» (Blocher, Brunner, Baader). «La présidence a commis des erreurs de débutants, c’est invraisemblable, pestait un délégué romand. Il faudra du temps pour recoller les morceaux.»

Après le discours d’un Toni Brunner éteint, la salle a repris quelques couleurs pendant l’intervention de Christoph Blocher. Le tribun zurichois a commencé par railler les journalistes, «toujours présents en nombre quand il se passe quelque chose de négatif». Il a évoqué «le cas Zuppiger» en lançant des fleurs à la Weltwoche, qui a fait «du bon boulot, qui a dit la vérité». Plus tard, entouré par les micros et les caméras, il a minimisé l’épisode. «On a retenu Bruno Zuppiger selon les informations qui étaient à notre disposition. La vérité qu’on a lue dans la Weltwoche était différente. On en a tiré les conséquences. C’est un accident, cela peut arriver dans tous les partis.»

Muet sur la question samedi, Toni Brunner a défendu la gestion de la crise dans une interview au journal Zentralschweiz am Sonntag, repris par l’ATS. Il juge «légitime» que l’on pose la question de sa démission et de celle de Christoph Blocher. Il estime que la revendication doit venir de la base, mais qu’il «n’entend rien dans ce sens». Le président de l’UDC défend Christoph Blocher: «Ceux qui le critiquent doivent d’abord travailler autant.»