Le dernier tour de vis remonte à septembre 2006. Le peuple a alors pour la huitième fois en vingt ans donné son soutien à la politique d’asile fédérale. En adoptant la nouvelle loi sur les étrangers et la révision de la loi sur l’asile avec environ 68% de oui. Ces lois sont entrées en vigueur au 1er janvier 2008. Depuis 1987, le peuple a approuvé cinq durcissements successifs de la législation, mais rejeté trois initiatives populaires, elles aussi restrictives.

En avril 1987, une révision partielle des lois sur l’asile et sur les étrangers est approuvée par environ 67% des voix. Parmi les mesures avalisées, la possibilité d’emprisonner pendant 30 jours les personnes déboutées en vue de leur expulsion. Rebelote en 1994: par 72,9% des voix, le peuple donne son aval aux mesures de contrainte dans le droit des étrangers. En 1995, les Chambres fédérales invalident une initiative des Démocrates suisses «pour une politique d’asile raisonnable», estimant qu’elle viole le droit international. En 1996, la première initiative de l’UDC contre «l’immigration clandestine» est rejetée par 53,7% des voix et 12 cantons.

Etape importante en juin 1999, avec la refonte complète de la loi sur l’asile, acceptée par 70,6% des voix. Les dispositions contre les abus sont renforcées. Le même jour, le corps électoral approuve aussi clairement (70,8%) les mesures d’urgence prises pour faciliter les renvois. Une année plus tard, en septembre 2000, le peuple repousse par 63,7% des voix l’initiative dite «des 18%», qui veut plafonner le nombre d’étrangers en Suisse. En novembre 2002, c’est la deuxième initiative de l’UDC «contre les abus dans le droit d’asile» qui est rejetée. Mais d’extrême justesse. Ruth Metzler, qui sera éjectée du Conseil fédéral en 2003, planche alors sur de nouveaux durcissements. Que Christoph Blocher complétera pour arriver aux lois actuelles.