«Il n'est jamais trop tard», pense la porte-parole du PDC, Béatrice Wertli. Forts de cette conviction, c'est jeudi, à quelque dix jours de la votation, que les radicaux et le PDC lancent une action commune contre l'initiative de l'UDC sur l'asile. «A mesure que la campagne avance, justifie le communiqué, les arguments de l'UDC pour son initiative se font de plus en plus légers. Le PRD et le PDC ont à coeur de mettre instamment le peuple en garde contre les conséquences ravageuses de l'initiative.»

Si les deux partis ont attendu si longtemps, c'est que, explique Béatrice Wertli, «l'agenda de la campagne était déjà chargé». Et puis, bien sûr, les turbulences qui se sont abattues sur le Parti radical ont retardé les choses. L'opération devait en effet rassembler les deux présidents des partis – Philipp Stähelin (TG) et Gerold Bührer (SH) – dans un geste symboliquement fort destiné aux bases respectives, plus convaincues que prévu par les arguments de l'UDC. Béatrice Wertli ajoute: «Monsieur Bührer tardait à donner son feu vert… A présent, nous savons pourquoi.» Compte tenu de la démission du président radical, Philipp Stähelin sera accompagné de la désormais présidente par intérim du PRD, Christiane Langenberger (VD), par le conseiller national John Dupraz (rad./GE) ainsi que par le chef de groupe PDC aux Chambres, Jean-Michel Cina (VS). Reste que, affirme Béatrice Wertli, il n'a jamais été question de programmer cette conférence de presse plus tôt dans la campagne. Côté PDC il fallait attendre que l'assemblée des délégués – qui s'est réunie le 26 octobre – se prononce sur le mot d'ordre du parti. A quelques jours du 24 novembre, l'objectif est clair: «Il y a une première partie des citoyens qui vote dès qu'ils reçoivent le matériel. Puis plus rien jusqu'à dix jours avant la votation, où les autres s'y mettent. C'est à eux que s'adresse cette prise de position.»