Que faire pour assainir les finances de la Confédération? La question posée entre février et mars était d'une brûlante actualité, avec les plans du Conseil fédéral pour alléger les charges de 2 à 3,5 milliards de francs. Une grande majorité de personnes sondées estime qu'il faut davantage de discipline budgétaire de la part de l'Etat et couper dans tous les secteurs où cela est possible.

Il faut se serrer la ceinture, répondent donc les Suisses dans un premier temps. Ainsi 38% indiquent comme première mesure le renforcement de la responsabilité individuelle qui permettrait de décharger l'Etat d'un certain nombre de tâches d'assistance. Cette mesure est citée par 25% des sondés comme une seconde mesure à prendre. Alors que 38% d'autres demandent en priorité des coupes dans les charges budgétaires et 23% comme seconde mesure.

Ces deux réponses, très générales mais largement partagées par plus de 60% des personnes interrogées, ne permettent pas de déterminer dans quels secteurs il convient d'économiser et quelle tranche de population doit davantage se responsabiliser. Mais 16% s'y opposent et admettent très bien une augmentation de la dette, alors que 15% veulent augmenter les impôts.

Différences minimes

L'augmentation des impôts est surtout soutenue par les électeurs de gauche (24%). Par contre, radicaux et démocrates du centre se font les champions des coupes dans les charges de l'Etat (respectivement 76 et 70%) et d'une plus grande responsabilisation individuelle (68 et 75%). Mais les différences entre partis restent minimes, à l'exception des électeurs de gauche, moins enclins à couper dans les charges de l'Etat (46%).

Où faire des économies? Surtout pas sur le dos des retraites. 72% des sondés sont carrément opposés à une augmentation de l'âge de la retraite et 17% «plutôt opposés». Sur ce point-là, les partis de droite et Pascal Couchepin, qui avaient lancé des ballons d'essai pour une flexibilisation vers le haut voire une augmentation de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans pour hommes et femmes, sont priés de ranger leurs plans. Une petite majorité de 52% est prête à renoncer à un allégement fiscal jusqu'à un rétablissement de l'équilibre financier. Par contre, et cela n'exclut pas d'autres mesures, 68% préféreraient économiser dans tous les secteurs où cela est possible, faire des économies ponctuelles.

En résumé, les Suisses donnent la préférence à une discipline générale de la part des pouvoirs publics, à des coupes linéaires qui touchent tout le monde plutôt qu'à des allégements d'impôts ciblés sur certaines catégories de la population. Pas question pourtant d'accepter une détérioration individuelle de sa situation, comme pour la retraite ou une hausse des impôts.