Les experts saluent la prise de conscience qui s'opère parmi les élus. Depuis plusieurs semaines, les parlementaires prennent en effet l'initiative dans le débat énergétique en général, et dans les mesures d'efficacité en particulier. Mais si une pression politique est bénéfique, notamment pour faire avancer le dossier des ampoules, attention aux propositions chocs improductives. En cette année électorale, les partis se sont en effet lancés dans une surenchère, dans le dossier très sensible de la politique énergético-climatique.

Or, prévient-on à l'OFEN, il serait plus judicieux que les milieux politiques «fixent de réels objectifs à atteindre, qui font cruellement défaut», comme le formule Peter Kunz. «Nous n'avons pas de mandat précis en matière d'efficacité énergétique. Or, il nous faudrait de toute urgence une cible à moyen terme et une autre à long terme.» Selon cet expert, il serait nécessaire de définir des objectifs, qui impliquent l'acceptation de programmes obligatoires. «Jusqu'alors, nous manquons de possibilités de prendre des dispositions contraignantes. Nous devons nous contenter de mettre en œuvre des mesures volontaires ou incitatives.»

Pas étonnant, dès lors, que les buts ne soient pas atteints. Pour Peter Kunz, il s'agirait en tout premier lieu de reprendre, en Suisse, l'objectif que s'est fixé l'Union européenne: accroître l'efficacité énergétique de 1% par an.