Pour la première fois, la fondation alémanique Konsumentenschutz (SKS), la Fédération romande des consommateurs (FRC) et l’association tessinoise des consommateurs ACSI ont présenté un agenda commun, définissant dix sujets prioritaires sur lesquels elles vont concentrer leurs efforts en 2010.

«Trop souvent nos actions manquaient d’efficacité car nous donnions le sentiment de disperser nos thèmes sur le plan national», a admis le secrétaire général de la FRC, Mathieu Fleury. Autour de trois axes, politique, économique et pratique, les trois grandes associations vont ainsi mettre l’accent sur des priorités telles la transparence et la concurrence dans l’assurance maladie, l’amélioration des droits fondamentaux des consommateurs sur le modèle de l’Union européenne, les baisses de prix et l’amélioration des conditions de contrats pour les téléphones mobiles, l’étiquetage «Swiss» ou encore l’offre d’eau du robinet sur les tables des restaurants et la limitation de la publicité ciblée sur les enfants pour des produits alimentaires trop sucrés, trop gras ou trop salés.

Assurances, télécoms et eau dans le collimateur

S’agissant de l’assurance-maladie, les trois associations demandent la séparation définitive entre l’assurance de base et l’assurance complémentaire. Un assureur de base ne devrait pas pouvoir proposer une assurance complémentaire. Elles demandent aussi l’élaboration de critères nationaux de qualité pour l’ensemble des hôpitaux et la publication des performances.

Dans le domaine des télécommunications, elles demandent que la fusion Orange-Sunrise ne conduise pas à la suppression d’offres avantageuses offertes aux clients. Elles veulent non seulement que les opérateurs de téléphone mobile informent un mois avant l’expiration du délai de résiliation des contrats, mais que le client, après un délai d’un an, puisse dénoncer son abonnement tous les mois.

Enfin s’agissant de l’eau, les défenseurs des consommateurs rappellent que la Suisse boit 900 millions de litres d’eau en bouteille par an. Mais que celle-ci coûte de 250 à 500 fois plus cher que l’eau du robinet, qu’elle est mille fois moins écologique et que la quantité de germes présents dans une bouteille est des centaines de fois, voire des milliers de fois plus importante que dans l’eau courante. Une offensive sera donc lancée pour que les législations cantonales obligent les restaurateurs à offrir gratuitement une carafe d’eau à qui consomme un repas. Le retrait des carafes d’eau dans les restaurants de Coop en Suisse romande fournit d’ailleurs à la FRC l’occasion de remonter au front.