Lausanne

Des associations mettent en cause le service de sécurité de l’Université de Lausanne

Confrontées à ce qu’elles considèrent comme des entraves de la part du service de sécurité de l’université lausannoise, sept associations ont réagi en publiant mardi une lettre ouverte 

Les associations universitaires sont en danger. C’est ce que martèlent sept d’entre elles dans une lettre ouverte adressée à la direction de l’Université de Lausanne. Si elles ont réussi à tomber d’accord alors que leurs convictions les opposent, c’est pour combattre ce qu’elles décrivent comme «une atteinte à la liberté d’expression sur le campus».

Les associations affirment que des entraves à leurs pratiques associatives ont eu lieu. La sécurité (service de l’UniSEP) les a empêchées notamment de distribuer des tracts, l’automne dernier. Mais «l’intimidation» invoquée va bien plus loin. Depuis octobre 2018, des pièces d’identité ont été réclamées quand les militants tractaient. Leur matériel a été contrôlé et photocopié. Le service de sécurité aurait menacé le syndicat SUD de lui envoyer les factures des heures supplémentaires ou du service de nettoyage si les militants persistaient.

«Aucune instruction envers l’UniSEP n’a été donnée», s’exclame Benoît Frund, vice-recteur à l’Université de Lausanne. «Le service n’agit pas pour renforcer l’insécurité, bien au contraire, il est chargé du vivre-ensemble sur le campus. Le service de sécurité agit à la demande des usagers qui se sentent importunés et quand la communauté universitaire est utilisée pour de la publicité, en diffusant des produits et non des idées», indique le vice-recteur.

Inscrire le droit de diffuser dans le règlement

Autre son de cloche du côté des associations concernées (Association des étudiant.e.s afro-descendant.e.s, association Terre des hommes, collectif Unil–EPFL vers la grève féministe, Cospol, Unil sans Frontières). Pour Vigen Kühni, militant du syndicat SUD, la première intervention du service UniSEP contre son syndicat remonte à octobre 2018. Après des échanges avec la direction, l’association n’avait plus été inquiétée. Mais comme Regards critiques, autre association active sur le campus, a continué à l’être, le syndicat SUD a choisi de la soutenir.

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«Il en va de quel espace universitaire nous voulons. Un espace de liberté d’expression, de critique, de formation ou un espace de contrôle, comme le veut la direction.» Pour sortir de cette situation, le syndicat souhaite redéfinir le règlement de l’université. «Il faut que soit inscrit clairement le droit de diffuser pour les associations et que cessent les menaces», recommande Vigen Kühni. «Nous n’avons pas besoin de fixer de nouvelles règles. Des comportements pourraient être réajustés si des attitudes ont pu gêner», rétorque le vice-recteur.

Il y a cinq ans, des problèmes similaires avaient déjà éclaté à l’Unil. Nous avions relayé les craintes des associations quant aux restrictions syndicales opérées par l’université dans le cadre de son règlement. En 2014, deux associations s’étaient unies: la Fédération des associations d’étudiant-e-s (FAE) et l’Association du corps intermédiaire et des doctorant.e.s de l’Unil (Acidul). Elles demandaient le retrait du règlement qui réduisait la liberté d’expression. Ce dernier avait fini par être retiré.

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