A lire après l'analyse du geste d'Assura, une interview de son directeur général Ruedi Bodenmann, qui critique les assureurs en jugeant que leur façon de fixer les primes est parfois trop prudente, au détriment de leurs clients


Peu nombreuses sont les caisses maladie qui remboursent les primes payées en trop par les assurés. Parmi les exceptions figure la compagnie vaudoise Assura, qui présentait ce jeudi 20 mai ses résultats annuels pour 2020. Cet automne, elle redistribuera un montant de 30 millions de francs à quelque 500 000 de ses assurés – pour autant que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) donne sa bénédiction à cette opération.

Au sein de la population, le malaise a encore grandi l’an dernier, en pleine pandémie de coronavirus. Malgré la crise sanitaire, les caisses ont augmenté leurs réserves, qui ont passé à 11,3 milliards de francs. Selon la plupart des assureurs, ce montant n’est pas choquant, car il ne représente que quelques mois de primes. Mais dans ce monde hyper-prudent, voici qu’un discours tranche, celui du directeur général d’Assura, Ruedi Bodenmann: «Les réserves sont aujourd’hui excessives. Si l’on estime qu’un taux de solvabilité de 150% est raisonnable pour une assurance, elles pourraient être réduites d’environ 3 milliards de francs en Suisse», affirme-t-il. «Il est impératif que cet argent soit redistribué rapidement et bénéficie directement aux assurés qui les ont alimentées», ajoute-t-il.