Santé

Assurance maladie: la franchise de base reste fixée à 300 francs

Le Conseil national a enterré la réforme qui prévoyait une augmentation régulière de la franchise de base, à la suite d’une alliance contre nature entre la gauche et l’UDC

Le Conseil des Etats a dit oui à l’indexation de la franchise de base de l’assurance maladie sur les coûts de la santé par 27 voix contre 14. Deux heures plus tard, le Conseil national a coulé cette réforme par 101 voix contre 63 et 28 abstentions lors de la votation finale. Cette franchise, qui aurait probablement passé à 350 francs en 2020, reste donc fixée à 300 francs dans l’immédiat.

La coalition bourgeoise explose

La gauche avait annoncé le référendum contre une mesure qu’elle trouve «injuste», car piétinant le principe de solidarité du système suisse de santé. «Cela va devenir le référendum le plus simple de l’histoire, puisque nous n’aurons même pas à récolter les signatures», a ironisé le chef de groupe du PS, Roger Nordmann.

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Au Conseil national, la coalition bourgeoise a littéralement explosé à six mois des élections fédérales. Seul le PLR a assumé l’indexation de la franchise aux coûts, en appelant à la responsabilité individuelle des assurés. «Une hausse modérée, de 14 centimes par jour», a souligné son chef de groupe, Beat Walti, qui lui aussi a lancé quelques piques sarcastiques à l’intention de l’UDC. «C’est le parti qui nous accuse régulièrement de manquer de colonne vertébrale qui tourne sa veste. Quelle triste comédie parlementaire!» s’est-il désolé.

«Pour une symétrie des sacrifices»

Mais le PDC a lui aussi craint le courroux programmé des assurés en cette année électorale. Sur le principe, le parti orange, qui a lancé une initiative populaire pour introduire un frein aux dépenses de la santé, défend toujours cette mesure. «Il nous manque pourtant aujourd’hui la symétrie des sacrifices», déclare Leo Müller (PDC/LU). Aussi les démocrates-chrétiens ont-ils décidé majoritairement de s’abstenir.

Quant à l’UDC, elle a tenté d’expliquer sa volte-face face aux sarcasmes du PLR, qu’elle considère parfois comme son «partenaire junior». Dans la même veine que le PDC, l’UDC a réclamé un paquet équilibré de mesures touchant tous les partenaires de la santé, soit l’industrie pharmaceutique, les hôpitaux, les médecins et les cantons. Puis elle a accusé le PS d’être à l’origine de l’explosion des coûts de la santé. «C’est votre conseillère fédérale, Ruth Dreifuss, qui a imposé l’assurance maladie obligatoire en 1996. A l’époque, nous nous y étions opposés», a rappelé le chef de groupe de l’UDC, Thomas Aeschi.

Dans l’immédiat, la franchise de base reste donc fixée à 300 francs. Tout le monde attend désormais le paquet de mesures du Conseil fédéral pour juguler la hausse des coûts. Le ministre de la Santé, Alain Berset, devrait en principe le présenter juste après la pause estivale.

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