Au risque de déplaire aux auteurs de l’initiative anti-minarets, les résultats intermédiaires du sondage, établis sur une échelle de 0-10, révèlent que les musulmans se sentent très bien intégrés en Suisse (8). Un résultat qui peut s’expliquer, selon les chercheurs, par leur forte identification à la Suisse de manière générale et à leur lieu de résidence en particulier. Par ailleurs, ils expriment un plus fort attachement à la Confédération qu’à l’égard d’autres musulmans (6,5) et de la population suisse (6,4).

Ce dernier chiffre s’expliquerait par le fait qu’un tiers des sondés se disent avoir été discriminés au moins une fois par des Suisses en raison de la couleur de leur peau, de leur origine et, dans une moindre mesure, de leur confession. «Cela démontre que, pour les musulmans de Suisse, la religion n’est pas l’unique référence sur laquelle ils construisent leur identité», ajoute Matteo Gianni.

Ils adhèrent par ailleurs à 9,5, sur une échelle de 0-10, à l’idée d’intégration par le respect des lois suisses. Malgré ce plébiscite, 60% des musulmans estiment tout de même que les institutions publiques devraient leur accorder des droits spéciaux pour pratiquer leur religion. Cette revendication n’inclut toutefois pas la construction de minarets.