Cela faisait des mois que le canton de Vaud essayait d’attirer l’attention du gouvernement fédéral sur les récurrentes attaques de convoyeurs de fonds sur son territoire. La dernière en date - vers Daillens où se trouve le centre de tri de La Poste - pourrait faire bouger les lignes.

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Ce lundi, et consécutivement à l'assaut de la semaine dernière, l’assureur de La Poste a en effet décidé de suspendre sa couverture du géant jaune sur cette région. Conséquence: l'interruption de certains convoyages, et des postomats qui pourraient bientôt rester vides.

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Dérangement à durée inconnue

La législation en vigueur en matière de bruit empêche les véhicules blindés «lourds» de rouler entre 22 heures et 5 heures du matin. Comme cinq des six dernières attaques ont eu lieu durant cette plage horaire, le canton de Vaud exige depuis longtemps que la loi change - sans réponse du Conseil fédéral. La semaine dernière, l’attaque d’un fourgon postal aux alentours de 20 heures a cependant montré que les brigands se sentent désormais si confiants qu’ils ne font même plus attention à la taille du blindage.

Cheffe du Département de la sécurité du canton de Vaud, Béatrice Métraux a décidé de plusieurs mesures d'urgences, qui pourraient se voir renforcer par le refus d'une première assurance de continuer d'assurer ses services dans ces conditions. La Poste interrompt ses trajets depuis et vers Daillens, a confirmé son porte-parole, «ce qui pourrait avoir pour conséquence que certains automates ne seront plus utilisables dans le futur. Quant à la durée des perturbations, indique le communiquant: «Il est impossible de le savoir pour le moment.» Interpellé sur ce nouveau rebondissement, le gouvernement vaudois a rappelé les mesures annoncées la semaine dernière et souligné s’être adressé à la Confédération «sans réponse positive pour l’heure».

Le Conseil fédéral reste de marbre

A son tour interrogé par Olivier Feller (PLR/VD) à l’heure des questions ce lundi, le gouvernement fédéral a indiqué «observer attentivement la situation». «Un soupçon de début de prise de conscience de la nécessité de revoir la réglementation actuelle», espère le conseiller national vaudois. Dans la même réponse, le Conseil fédéral indique toutefois considérer que «l’heure de l’attaque du 2 décembre montre que l’assouplissement de l’interdiction de circuler la nuit pour les transports de fonds ne produirait a lui seul qu’un effet limité et que les mesures prises par Fedpol, les cantons et les entreprises permettront de lutter efficacement contre ces attaques de fourgons». Il conclut: «Le Conseil fédéral ne voit pour le moment aucune raison de revenir sur sa décision.»