Cinq attaques de fourgons en deux ans dans le canton de Vaud: mai 2017 à Nyon, février 2018 à Chavornay, avril 2018 et juin 2019 au Mont-sur-Lausanne et août dernier à La Sarraz. La manière d’opérer est toujours la même: obstruction de la route à l’aide de voitures, menace à la kalachnikov, puis destruction de l’ensemble des véhicules par le feu. Après le dernier assaut, le canton de Vaud avait interpelé d’urgence le Conseil fédéral – sans effet.

«Aucune raison de changer»

Les images de carcasses de ferraille calcinées n’ont en effet pas ému le Conseil fédéral. «La protection de la population contre le bruit est essentielle», a souligné la ministre des Transports, Simonetta Sommaruga, ce lundi de session parlementaire. «Le Conseil fédéral n’a aucune raison de changer sa position, même en tenant compte des récentes attaques.»

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Le bruit? C’est la principale pierre d’achoppement. Entre 22h et 5h du matin, le transport de marchandises en Suisse est interdit dans des véhicules «lourds» – plus de 3,5 tonnes – pour protéger les oreilles des citoyens. Or, les fourgons blindés pèsent entre 14 000 et 16 000 kilos, ce qui proscrit leur utilisation nocturne. Des millions de francs sont donc transportés dans des camionnettes au blindage léger, ce que les malfrats savent pertinemment.

«De la peine à comprendre»

Alors qu’il existe deux exceptions aux transports lourds, les «denrées alimentaires périssables» et les «fleurs coupées», le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD), à l’origine de la question du jour ne comprend pas le blocage du gouvernement. «Le Conseil fédéral persiste dans l’erreur, regrette-t-il. J’ai de la peine à le comprendre.»

Pour que le convoyage de fonds bénéficie lui aussi d’une dérogation, le politicien a déposé une motion au parlement fédéral en mai. Le gouvernement y a déjà répondu par la négative. Il faudra donc attendre 2020 pour que l’objet soit traité au plénum. Et d’ici là, souligne le Vaudois, «espérons qu’il n’y ait pas de nouvelle attaque».