Vaud

Atteinte par la «pression permanente», Géraldine Savary ne se représentera pas en 2019

Mise en cause pour des voyages offerts et des financements de campagne, la conseillère aux Etats vaudoise annonce son retrait à l’horizon des prochaines élections. En 2011, elle avait caché un don de 7000 francs à son parti

Géraldine Savary ne se représentera pas aux élections fédérales de 2019. La conseillère aux Etats socialiste vient de tenir une conférence de presse très émotionnelle aux côtés de Roger Nordmann, président du groupe PS aux Chambres fédérales. La Vaudoise ne postulera pas pour la vice-présidence du Conseil des Etats, et elle renonce à la vice-présidence du parti national. Lors de son intervention, elle s'est bornée à lire un communiqué dont nous publions les extraits ci-dessous, sans donner aucune interview, mais en répondant seulement à quelques questions. «Je pensais être plus forte», a-t-elle admis, selon nos journalistes sur place.

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Extraits de son communiqué

Dans son communiqué, Géraldine Savary écrit: «Je reconnais que j'ai fait des erreurs d'appréciation» en acceptant des voyages organisés par le milliardaire Frederik Paulsen et des dons de ce dernier, tout en voulant rappeler que «j'ai toujours été intraitable sur les idées et les valeurs».

Elle ajoute que «la pression permanente dont j'ai fait l'objet depuis plusieurs mois m'a atteinte personnellement, et dans ma santé. Je n'ai plus la force nécessaire pour mener de front mon mandat et une nouvelle campagne électorale.» L'élue est apparue très éprouvée ces dernières semaines par les révélations qui se sont succédées sur ses relations avec Frederik Paulsen.

Pourquoi dès lors ne pas se retirer immédiatement? «Je préfère concentrer mon énergie sur la fin de mandat et en particulier aux causes qui me tiennent à cœur», écrit-elle encore.


Géraldine Savary a été ébranlée par une série de révélations sur deux plans, les voyages et le financement de sa campagne par le milliardaire Frederik Paulsen, consul général honoraire de la Fédération de Russie. Celui-ci a financé, pour près de 5000 francs chacun, les campagnes de Géraldine Savary et Luc Recordon, colistiers de la gauche vaudoise en 2015. Le riche entrepreneur d'origine suédoise, qui possède pharmaceutique Ferring, avait déjà soutenu la socialiste en 2011.

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Elle dit avoir «omis» d'annoncer un don supplémentaire

Et c'est là que le bât blesse vraiment. Géraldine Savary admet avoir caché la vérité sur ses financements à son parti. Dans son communiqué, elle précise qu'elle a «omis» d'informer le PS d'un don supplémentaire de 7000 francs pour le deuxième tour de la campagne pour les Etats en 2011.

Avec une première donation de 8000 francs, il y avait un dépassement «de 2500 francs» par rapport à la limite informelle que fixait alors le parti par personne. L'élue ajoute qu'«à l'époque, le parti n'a à aucun moment souhaité vérifier ces comptes», et qu'elle «espère que les médias s'intéresseront avec la même vigueur aux comptes de campagne de mes concurrents d'alors».

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En outre, mercredi dernier, 24 Heures confirmait que le Suédois a offert à la socialiste un voyage (avion, hôtel et billet) au Festival international de musique et de danse de Grenade en juillet 2015.


Frederik Paulsen regrette le départ de Géraldine Savary

En déplacement en Asie, Frederik Paulsen a «appris avec grand regret la décision de Mme Géraldine Savary de renoncer à se présenter aux prochaines élections fédérales, explique-t-il dans un communiqué envoyé par ses avocats, Rusconi et associés. Il est déçu de constater que cette décision est liée au soutien qu'il lui a apporté, et à la polémique qui en a découlé.»

«Lorsque j'ai fait la connaissance de Mme Savary, nous avions eu d'emblée des discussions animées et intenses, passant par-delà nos divergences d'opinion, poursuit le communiqué. J'ai trouvé en Mme Savary l'exemple d'une femme de conviction, soucieuse du bien public, ferme sur ses positions et ouverte sur le monde. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu la soutenir, modestement et amicalement, dans ses campagnes politiques. Pour qu'elle soit saine, la démocratie a besoin de débat, de pluralité et d'engagement. Une personnalité comme celle de Géraldine Savary apporte ces éléments fondamentaux et utiles. » « Je regrette profondément que le harcèlement médiatique et politique dont Mme Savary a été l'objet l'aient conduite à prendre cette décision. Le débat public perdra une femme brillante et une représentante dynamique.»


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