A Manchester, l’attaque terroriste est survenue aux abords de la plus grande salle de concerts de la ville. Une bombe a explosé à la sortie du show de la chanteuse américaine Ariana Grande, tuant 22 personnes. Un événement festif qui se transforme subitement en cauchemar, le scénario est redouté par les autorités et les organisateurs d’événements. Ce n’est pas la première fois qu’un lieu de spectacle est la cible du terrorisme.

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Alors, comment faire face à cette menace? En Suisse, les manifestations culturelles avaient déjà fait l’objet d’une attention particulière après la tuerie du Bataclan, la mythique salle parisienne, en novembre 2015. Au Paléo, à Nyon, le défi est grand pour assurer la sécurité des festivaliers. Plus de 230 000 personnes sont attendues en juillet prochain sur la vaste plaine de l’Asse. «Une séance spéciale aura lieu fin juin pour faire le point sur les risques. Le mode opératoire des terroristes évolue, il faut donc anticiper et imaginer d’autres cas de figure pour ne pas toujours être en retard d’une guerre», indique Daniel Rossellat, le président du festival nyonnais et syndic de Nyon.

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Séries de mesures

L’organisation prend la menace terroriste très au sérieux. Plus de 1300 personnes vont assurer la sécurité du site, dont 300 policiers et agents de sécurité. Les fouilles à l’entrée ne seront toutefois pas systématiques. «Cette mesure a une efficacité toute relative. Un certain nombre d’attentats ont eu lieu à l’extérieur, c’est-à-dire avant qu’il y ait eu une fouille. Par contre, on en réalise de manière ciblée», précise-t-il.

Les professionnels de la musique ne veulent pas se laisser intimider, mais redoublent de vigilance. Opus One, l’un des plus gros organisateurs de concert romands, a pris une série de mesures pour protéger le public. «Depuis les attentats de Paris, nous avons renforcé notre dispositif de sécurité. Cela passe par une systématisation des fouilles et des palpations pour les grandes manifestations», détaille Vincent Sager, le directeur de la société. Après l’attentat de Manchester, ces mesures pourraient bien être étendues aux petites productions, notamment dans les théâtres. «La semaine prochaine, nous organisons un spectacle d’humour. On examinera les différents paramètres qui entrent en ligne de compte pour déterminer s’il y a lieu de changer notre mode de fonctionnement.»

«La vie continue»

La société refuse toutefois de céder à l’émotion suscitée par ces drames. «On est toujours frappé par la proximité de la tragédie. Mais il faut distinguer ce qui est de l’ordre de l’image pour rassurer les gens et les mesures véritablement efficaces. Les spécialistes en sécurité ont des grilles d’analyse précises», souligne Vincent Sager.

Les organisateurs travaillent en étroite collaboration avec les autorités. C’est le cas du Montreux Jazz Festival dont la sécurité est assurée par le CECo, un service installé dans les locaux de Police Riviera. Mais l’organisation se contente d’un communiqué laconique, notamment pour ne pas «effrayer» le public.

Des avis du Service de renseignement de la Confédération

En coulisses, les services de police transmettent des consignes et informations aux organisateurs d’événements concernant le risque potentiel. Des hommes en uniformes patrouillent également aux abords des salles de spectacle. Si le Service de renseignement de la Confédération fait état d’une menace particulière, le dispositif peut alors être adapté, précise la police genevoise.

De quoi refroidir les amateurs de musique? Les organisateurs affichent une grande sérénité. «Je pense que les gens vont continuer à se rendre aux concerts, tout en ayant une pensée pour les victimes. La vie continue», assure Vincent Sager. «Le dispositif de sécurité du Paléo festival me semble adapté au niveau de risque dans notre pays. Pour nous, le danger principal, c'est la météo», confirme Daniel Rossellat.