Balthasar Glättli, 39 ans, candidat aux Etats pour les Verts zurichois Ils sont cinq, de cinq partis différents. Ils sont pourtant presque unanimes quand on évoque l’attitude de la Banque nationale face à la force du franc. Depuis trois semaines, c’est le thème clé de la campagne zurichoise. Cette soirée de mi-septembre est la quatrième du genre: débat avec (presque) tous les candidats aux Etats, dans les locaux de la Neue Zürcher Zeitung. A 39 ans, le Vert Balthasar Glättli, soigné dans son complet gris, est le benjamin du groupe et fait partie des outsiders. Sa rhétorique est sûre et sa réplique aux aînés – surtout à Christoph Blocher (UDC) – ne tremble pas. «Avec votre initiative contre l’immigration de masse, vous n’empêcherez pas l’immigration mais provoquerez surtout beaucoup de bureaucratie», réplique-t-il au tribun de droite. Applaudissements.

Ces débats publics ont commencé fin août déjà, chez TeleZüri, et la dernière grande entrevue programmée est celle du Tages-Anzeiger, la semaine prochaine. «Ces dates très avancées sont malvenues pour les partis aux moyens financiers limités, car même si nous avons fait jusqu’ici bonne impression, les gens n’ont pas encore leur bulletin de vote.» Balthasar Glättli a déjà du savoir-faire en matière de communication: il travaille comme responsable de publicité pour le syndicat du service public SSP. «J’ai un passé politique important, mais cette fois-ci le rapport aux médias est nouveau. Les attentes sont soudain très élevées.»

A un mois des élections, il ne suffit plus de convaincre, il faut avant tout mobiliser. Pour ce faire, le Zurichois va voyager dans son canton sur un vélo auquel est accroché son portrait géant. «Lors de ces débats à cinq ou sept, il est difficile d’entendre les voix opposées dans le public. On en a besoin pour progresser.» N’empêche, Balthasar Glättli a déjà eu droit à des recommandations: il devrait parler de manière moins compliquée, avec «moins de mots inconnus». L’autre reproche concerne son «effet Al Gore», soit sa façon de rouler des yeux de dépit – de manière trop voyante – lorsque son voisin et adversaire politique déroule son programme. «Certains trouvent là un signe d’autosatisfaction trop visible.» Il se promet d’y veiller durant les prochaines semaines. Anne Fournier ZURICH